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	<title>Paroisse Saint-Paul et Sainte-Croix</title>
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		<title>Paroisse Saint-Paul et Sainte-Croix</title>
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		<title>Michel De Certeau</title>
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		<dc:date>2025-10-31T23:10:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Louis Cathala</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Tout chr&#233;tien, je crois, circule et travaille parmi les autres &#224; la mani&#232;re des disciples d'Emma&#252;s. Ils faisaient route vers le village d'Emma&#252;s avec un &#233;tranger : Tu ne sais donc rien de ce qui se passe ici ? Il leur fallut partager le m&#234;me pain pour reconna&#238;tre en lui J&#233;sus. C'est de l'inconnu et comme inconnu, que le Seigneur arrive toujours dans sa propre maison et chez les siens : &#171; Je viens comme un voleur. &#187; Ceux qui croient en lui sont appel&#233;s sans cesse &#224; le reconna&#238;tre ainsi, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paroissesaintpaul-saintecroix.catholique.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Textes de r&#233;flexion, formation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout chr&#233;tien, je crois, circule et travaille parmi les autres &#224; la mani&#232;re des disciples d'Emma&#252;s. Ils faisaient route vers le village d'Emma&#252;s avec un &#233;tranger : &lt;i&gt;Tu ne sais donc rien de ce qui se passe ici &lt;/i&gt; ? Il leur fallut partager le m&#234;me pain pour reconna&#238;tre en lui J&#233;sus. C'est de l'inconnu et comme inconnu, que le Seigneur arrive toujours dans sa propre maison et chez les siens : &#171; &lt;i&gt; Je viens comme un voleur. &lt;/i&gt; &#187; Ceux qui croient en lui sont appel&#233;s sans cesse &#224; le reconna&#238;tre ainsi, habitant au loin ou venu d'ailleurs, voisin m&#233;connaissable ou fr&#232;re s&#233;par&#233;, c&#244;toy&#233; dans la rue, renferm&#233; dans les prisons, log&#233; chez les d&#233;pourvus, ou ignor&#233;, presque mythique, dans une r&#233;gion, au-del&#224; de nos fronti&#232;res. Il n'est pas jusqu'au &#171; mystique &#187; qui ne survienne toujours dans l'&#201;glise comme un trouble-f&#234;te, un g&#234;neur et un &#233;tranger. Ainsi en a-t-il &#233;t&#233; de tous les grands mouvements spirituels ou apostoliques. Inversement, tout chr&#233;tien est tent&#233; de devenir un inquisiteur, tel celui de Dosto&#239;evski, et d'&#233;liminer l'&#233;tranger qui vient.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Cela nous renvoie &#224; quelque chose de plus d&#233;routant encore, mais de fondamental &#224; la foi chr&#233;tienne.&lt;strong&gt; Dieu reste l'inconnu, celui que nous ne connaissons pas, alors m&#234;me que nous croyons en lui : il demeure l'&#233;tranger pour nous, dans l'&#233;paisseur de l'exp&#233;rience humaine et de nos relations. Mais il est aussi m&#233;connu, celui que nous ne voulons pas reconna&#238;tre et qui, saint Jean le dit, n'est pas &#171; re&#231;u &#187; chez lui, par les siens&lt;/strong&gt;. Et c'est l&#224;-dessus que nous serons jug&#233;s en dernier ressort (&#8230;) : avons-nous &#171; re&#231;u &#187; l'&#233;tranger, fr&#233;quent&#233; le prisonnier, accueilli l'autre ? Au principe et tout au long de la vie chr&#233;tienne, il y a le revirement dont un mot de l'ap&#244;tre Pierre donne d&#233;j&#224; une expression d&#233;cisive. Apr&#232;s le discours sur le pain de vie, tout le monde s'en va : il est fou, dit-on. Ce qui veut dire : il est &#233;tranger &#224; notre raison. &lt;i&gt;Voulez-vous partir vous aussi, demande-t-il &#224; ses disciples &lt;/i&gt; ? Libre &#224; vous. A qui irions-nous, r&#233;pond Pierre, tu as les paroles de la vie. Pierre ne comprend pas mieux, mais il sait d&#233;j&#224; que partir, ce serait quitter sa vie &#8211; ce que cet homme lui a d&#233;voil&#233; de sa propre existence. &lt;strong&gt;J&#233;sus n'est pas ce qu'il poss&#232;de, mais ce sans quoi vivre ne serait plus possible&lt;/strong&gt;. Il est d&#233;j&#224; l'essentiel et il reste diff&#233;rent ; n&#233;cessaire, et imprenable. Sur le mode de l'exp&#233;rience personnelle, l'&#201;tranger est &#224; la fois l'irr&#233;ductible, et &lt;i&gt;celui-sans-qui-vivre-n'est-plus-vivre&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel de Certeau &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; L'&#233;tranger ou l'union dans la diff&#233;rence&lt;/i&gt; - &#201;ditions du Seuil, 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Ce que nous offre l'Esprit Saint</title>
		<link>https://paroissesaintpaul-saintecroix.catholique.fr/spip.php?article933</link>
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		<dc:date>2024-05-28T02:38:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Louis Cathala</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Viens, souffle de Dieu, &lt;br class='autobr' /&gt;
Sois en nous et au milieu de nous la pr&#233;sence du P&#232;re et du Fils&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Viens, souffle de Dieu, &lt;br class='autobr' /&gt;
Enseigne nous jour apr&#232;s jour l'&#201;vangile. &lt;br class='autobr' /&gt;
Amen. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je vous partage 5 propositions sur l'Esprit Saint ; elles n'ont pas la pr&#233;tention d'&#234;tre un mini-cours sur l'Esprit dans les &#201;critures et la tradition de l'&#201;glise, mais plus modestement de souligner par l'un ou l'autre c&#244;t&#233; ce que la pr&#233;sence du Saint-Esprit peut apporter &#224; notre foi et &#224; nos vies. &lt;br class='autobr' /&gt;
1 - L'Esprit Saint est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paroissesaintpaul-saintecroix.catholique.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Textes de r&#233;flexion, formation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Viens, souffle de Dieu,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sois en nous et au milieu de nous la pr&#233;sence du P&#232;re et du Fils&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Viens, souffle de Dieu,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enseigne nous jour apr&#232;s jour l'&#201;vangile.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Amen&lt;/strong&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Je vous partage 5 propositions sur l'Esprit Saint ; elles n'ont pas la pr&#233;tention d'&#234;tre un mini-cours sur l'Esprit dans les &#201;critures et la tradition de l'&#201;glise, mais plus modestement de souligner par l'un ou l'autre c&#244;t&#233; ce que la pr&#233;sence du Saint-Esprit peut apporter &#224; notre foi et &#224; nos vies.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 - L'Esprit Saint est le seul qui nous est pleinement pr&#233;sent ici et maintenant&lt;/strong&gt; : &#171; Notre P&#232;re &#187;, il est &#171; au cieux &#187; ; il n'est pas vraiment pleinement &#171; l&#224; &#187; ! Il est &#224; la fois pr&#233;sent et absent. Le Fils, il est &#171; assis &#224; la droite du P&#232;re &#187; ; il viendra d&#233;finitivement et nous l'attendons ! Mais il n'est pas encore pleinement l&#224; ! Le seul qui est vraiment &#171; l&#224; &#187;, c'est l'Esprit, au milieu de nous, au c&#339;ur de ce monde, et au plus profond de nos c&#339;urs. C'est par lui, leur Esprit commun, que le P&#232;re et le Fils sont avec nous. C'est le Saint-Esprit qui r&#233;alise le lien que nous avons avec Dieu ; celui-ci est &#224; la fois &#171; transcendant &#187; (au-del&#224; de tout) et &#171; immanent &#187; (en nous), et son immanence, c'est la pr&#233;sence de l'Esprit Saint en nous ; d'ailleurs, selon l'anthropologie biblique et chr&#233;tienne (la vision de l'homme), nous sommes des &#234;tres unifi&#233;s esprit-&#226;me-corps. C'est le m&#234;me mot qui d&#233;signe l'Esprit de Dieu et l'esprit humain. En grec, il n'y a pas de majuscule ! En fran&#231;ais, dans les lettres de Paul, on met une majuscule pour l'Esprit de Dieu et une minuscule pour celui de l'homme, mais la distinction n'est pas toujours &#233;vidente ! L'identit&#233; du mot manifeste notre incroyable proximit&#233; avec Dieu ; certes, nous ne sommes pas une partie de Dieu (Dieu seul est Dieu, et nous, nous sommes des cr&#233;atures), mais en nous, il y a la dimension de l'esprit, &#171; la fine pointe de l'&#226;me &#187; - disent les mystiques - qui est le &#171; lieu &#187; de l'accueil de Dieu. Saint Paul nous dit que l'Esprit de Dieu &#171; se joint &#224; notre esprit &#187;. C'est dans l'Esprit Saint et par lui que le P&#232;re ressuscite le Christ et c'est &#224; partir de notre esprit (qui ne meurt pas !) et dans la force du Saint-Esprit que le P&#232;re nous divinise !&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 - L'Esprit Saint, c'est &#171; ce &#187; qui prie en nous&lt;/strong&gt; : C'est le Christ qui nous apprend &#224; prier, et nous prions le P&#232;re dans le nom de J&#233;sus, mais c'est l'Esprit qui prie en nous. Nous sommes de vrais interlocuteurs pour Dieu, mais nous ne pouvons l'&#234;tre que par l'op&#233;ration du Saint-Esprit. Donc la chose la plus importante &#224; faire avant de prier et si nous avons la pr&#233;tention de prier, c'est d'invoquer l'Esprit ! Et nous devrions l'invoquer tout le temps et en particulier avant toute rencontre, surtout quand ce sont des rencontres un peu d&#233;licates !&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 - L'Esprit Saint permet la distance et la communion&lt;/strong&gt; : Il maintient les distinctions et les justes distances ; il nous lib&#232;re de l'indiff&#233;rence, puisqu'il &#171; r&#233;pand l'amour de Dieu dans nos c&#339;urs &#187;, mais il nous donne de promouvoir la diff&#233;rence et de nous en r&#233;jouir ! Il est vraiment l'agent de la communion entre le P&#232;re et le Fils, entre Dieu et le monde, entre les &#234;tres humains. Si nous oublions ou minimisons le r&#244;le de l'Esprit, nous adorons un Fils qui &#171; colle &#187; au P&#232;re, un clone du P&#232;re, sans distance avec le P&#232;re. Mais pour la foi chr&#233;tienne, justement, si le Fils est bien l'&#233;gal du P&#232;re, il n'est pas le P&#232;re, il ne prend pas la place du P&#232;re ! L'Esprit de Dieu est un bon enseignant dans une soci&#233;t&#233;, la n&#244;tre, qui est une soci&#233;t&#233; de la confusion des genres.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 - L'Esprit Saint est un agent de libert&#233; &lt;/strong&gt; : Dans l'&#201;glise, la reconnaissance de l'importance de l'Esprit et de son action dans le c&#339;ur des gens est un facteur de libert&#233; spirituelle. Sans cette valorisation de l'Esprit, nous pouvons tomber dans une vision tr&#232;s juridique et absolue des sacrements ou dans une conception par trop institutionnelle, hi&#233;rarchique et cl&#233;ricale, et ne gu&#232;re donner de place &#224; la synodalit&#233; ni au travail en r&#233;seau. A tel point que dans l'histoire de l'&#201;glise, on s'est beaucoup m&#233;fi&#233; des &#171; spirituels &#187;, car ils vivaient leur foi et leur pri&#232;re avec une libert&#233; qui relativisait la dimension doctrinale. En fait, il nous faut tendre au juste &#233;quilibre entre l'Esprit qui rend libre (mais sans faire de nous des &#171; &#233;blouis &#187; !) et l'adh&#233;sion au corps du Christ qui nous permet de tenir ensemble dans la communion de l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5 - L'Esprit Saint nous permet d'entrevoir que Dieu aime et sauve toute chair&lt;/strong&gt; : C'est-&#224;-dire aussi tous nos fr&#232;res et s&#339;urs qui ne croient pas au Christ ressuscit&#233; ! Nous confessons que l'Esprit proc&#232;de &#171; du P&#232;re et du Fils &#187; ou &#171; du P&#232;re par le Fils &#187;, mais nous pouvons aussi dire que l'Esprit pr&#233;c&#232;de le Fils ! L'Esprit n'est pas un &#233;lectron libre, puisqu'il est toujours &#171; du P&#232;re et du Fils &#187;, mais il est ce don de Dieu qui agit pour le meilleur et pour leur salut dans le c&#339;ur de tous ceux qui ne croient pas consciemment au Christ. Si nous devions &#233;vacuer l'Esprit de notre Credo, nous serions dans une th&#233;ologie du salut raide et binaire : soit vous confessez le Fils et vous &#234;tes sauv&#233;s, soit vous ne le confessez pas et vous n'&#234;tes pas sauv&#233;s ! L'Esprit se joue des fronti&#232;res entre les religions et les spiritualit&#233;s, entre celles et ceux qui affirment ne pas croire au ciel et celles et ceux qui pr&#233;tendent y croire. Il &#171; souffle o&#249; il veut &#187; et pour que tous puissent recevoir &#171; la vie en abondance &#187; ! (JLC &#8211; FL2 avril 24)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Que s'est il pass&#233; &#224; la r&#233;surrection ?</title>
		<link>https://paroissesaintpaul-saintecroix.catholique.fr/spip.php?article690</link>
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		<dc:creator>Jean-Louis Cathala</dc:creator>



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&lt;p&gt;Un essai de reconstruction de J.S. Spong dans &#171; La r&#233;surrection, mythe ou r&#233;alit&#233; ? &#187; - karthala 2016. ( C'est une lecture possible parmi d'autres, rien de plus, mais c'est tr&#232;s beau et int&#233;ressant ! ) &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; J&#233;sus est mort seul&#8230; comme un criminel ex&#233;cut&#233; publiquement (&#8230; )Je pense qu'il est tout &#224; fait possible que Marie-Madeleine, &#224; un moment, ait cherch&#233; &#224; trouver l'ultime lieu o&#249; reposait J&#233;sus (&#8230;) Les disciples all&#232;rent &#171; chacun chez soi &#187;. Et pour Simon, que l'on appellerait un jour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paroissesaintpaul-saintecroix.catholique.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Textes de r&#233;flexion, formation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un essai de reconstruction de J.S. Spong dans &#171; La r&#233;surrection, mythe ou r&#233;alit&#233; ? &#187; - karthala 2016. ( C'est une lecture possible parmi d'autres, rien de plus, mais c'est tr&#232;s beau et int&#233;ressant ! )&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&#171; J&#233;sus est mort seul&#8230; comme un criminel ex&#233;cut&#233; publiquement (&#8230; )Je pense qu'il est tout &#224; fait possible que Marie-Madeleine, &#224; un moment, ait cherch&#233; &#224; trouver l'ultime lieu o&#249; reposait J&#233;sus (&#8230;) Les disciples all&#232;rent &#171; chacun chez soi &#187;. Et pour Simon, que l'on appellerait un jour Pierre, ainsi que pour tous les autres, probablement, &#171; chez soi &#187; voulait dire &#171; en Galil&#233;e &#187; (&#8230;) Ensemble, ils analysaient ce qu'ils avaient v&#233;cu et cherchaient &#224; en d&#233;couvrir le sens (&#8230;) J&#233;sus, qui avait &#233;t&#233; intens&#233;ment pr&#233;sent dans l'esprit de sa petite troupe, &#233;tait maintenant intens&#233;ment absent de l'existence de ceux qui tentaient de reconstituer leurs vies (&#8230;) Pour des raisons de survie &#233;conomique et d'&#233;quilibre psychique, ils devaient retourner &#224; leur gagne-pain (&#8230;) Chaque fois qu'ils b&#233;nissaient le pain pour commencer le repas matinal, ils se souvenaient s&#251;rement d'un autre repas pris &#224; J&#233;rusalem, dans une salle &#224; l'&#233;tage, par une nuit &#233;trange et fatidique (&#8230;) J&#233;sus leur avait-il ordonn&#233; de rompre le pain en m&#233;moire de lui quand ils se r&#233;uniraient ? Ou ont-ils commenc&#233; par le faire avant de justifier cette tradition dans sa bouche a posteriori ? (&#8230;) J&#233;sus avait &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233; sur une croix en bois. La Torah (&#8230;) qualifiait de maudit celui qui &#233;tait suspendu &#224; un arbre. Quelle arrogance il aurait fallu &#224; des p&#234;cheurs ignorants pour se permettre de dire autre chose ! J&#233;sus ne devait pas venir de Dieu. Il devait avoir tort (&#8230;) (Mais) comment quelqu'un aurait-il pu &#234;tre si pleinement au service de la vie et ne pas &#234;tre en m&#234;me temps au service de Dieu ? (&#8230;) Il y avait quelque chose qui clochait dans la t&#234;te de Simon (&#8230;) Comme le temps de la f&#234;te (des Tentes - Sukkoth) approchait, sa teneur entrait tout naturellement dans l'esprit de Simon, et il commen&#231;ait &#224; l'associer avec la mort de J&#233;sus qu'il tentait constamment de comprendre (&#8230;) Il se battait avec ses pens&#233;es, il travaillait aussi (&#8230;) Cette nuit (&#8230;) ils avaient fait une prise de poisson particuli&#232;rement abondante (&#8230;) Une fois la p&#234;che mise &#224; l'abri (&#8230;) ils sortirent le pain qu'ils avaient gard&#233; dans le bateau (&#8230;) Simon, comme membre le plus &#226;g&#233; du groupe, fit la b&#233;n&#233;diction rituelle. Des images lui affluaient &#224; l'esprit : le psaume 118 de la f&#234;te des Tentes, &#171; je ne mourrai pas mais je vivrai &#187; ; les paroles de Zacharie, &#171; Ils regarderont vers (&#8230;) celui qu'ils ont transperc&#233; &#187; ; et cette nuit terrible au cours de laquelle J&#233;sus prit du pain, le b&#233;nit, le rompit et le leur donna, en disant que ce pain &#233;tait son corps (&#8230;) Soudain Simon comprit tout. Que la crucifixion n'&#233;tait pas un ch&#226;timent, mais un acte d&#233;lib&#233;r&#233;. Que la croix constituait la toute derni&#232;re parabole de J&#233;sus, qui s'&#233;tait jou&#233;e sur la sc&#232;ne de l'histoire afin d'ouvrir les yeux de ceux qui n'auraient pu autrement comprendre que J&#233;sus &#233;tait le signe de l'amour de Dieu (&#8230;) Que la mort de J&#233;sus constituait le dernier &#233;pisode de l'histoire de sa vie. Qu'elle d&#233;montrait comme rien d'autre n'aurait pu le faire que c'est en donnant sa vie qu'on la trouve (&#8230;) Simon comprit ce matin-l&#224; le sens de la crucifixion comme il ne l'avait jamais compris jusqu'alors, et il se sentit aim&#233; malgr&#233; ses doutes, ses peurs et ses reniements, comme il ne l'avait jamais &#233;t&#233; auparavant. C'est ainsi que l'aube pascale se leva sur l'histoire de l'humanit&#233;. On pourrait dire &#224; juste titre qu'&#224; ce moment Simon se sent&#238;t ressuscit&#233;. Le chagrin, la confusion et la d&#233;pression qui obscurcissaient son horizon disparurent de son esprit et, &#224; cet instant, il sut que J&#233;sus participait de l'essence m&#234;me de Dieu ; &#224; cet instant, il s&#251;t que J&#233;sus &#233;tait vivant. C'&#233;tait comme si des &#233;cailles lui &#233;taient tomb&#233;es des yeux, et Simon vit le royaume dans lequel nous sommes plong&#233;s &#224; chaque instant, un royaume de vie et d'amour, un royaume divin d'o&#249; J&#233;sus lui apparaissait. &#201;tait-ce quelque chose de r&#233;el ? Oui, je suis convaincu que ce l'&#233;tait. &#201;tait-ce objectif ? Non, je ne le pense pas. Cela peut-il &#234;tre r&#233;el sans &#234;tre objectif ? Oui, je le pense, car &#171; l'objectivit&#233; &#187; est une cat&#233;gorie qui mesure des &#233;v&#233;nements situ&#233;s dans le temps et dans l'espace. J&#233;sus apparut &#224; Simon &#224; partir du royaume de Dieu, et ce royaume n'est pas situ&#233; dans l'histoire, il n'est pas d&#233;limit&#233; par le temps et l'espace. &#201;tait-ce donc de l'ordre de l'illusion ? Je ne le crois pas, mais il y aura toujours des gens qui n'ont pas les yeux ouverts et des gens qui ne verront jamais ce que Simon a vu ; aussi penseront-ils toujours que tout cela n'est qu'illusion (pp. 256 &#224; 271).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Histoire : Les musulmans shi'ites</title>
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		<dc:date>2020-12-17T20:56:24Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Louis Cathala</dc:creator>



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&lt;p&gt;Extraits du chapitre XX (volume 1) du Coran des historiens &#8211; Cerf 2019 &#8211; pp. 919-967. Chapitre r&#233;dig&#233; par Mohammad Ali Amir-Moezzi, historien, directeur d'&#233;tudes &#224; l'&#201;cole pratique des hautes &#233;tudes. C'est moi jlc qui souligne &lt;br class='autobr' /&gt; Les rapports entre les musulmans shi'ites et le Coran ont toujours &#233;t&#233; complexes, surtout aux trois ou quatre premiers si&#232;cles de l'islam. Ils sont marqu&#233;s par deux probl&#233;matiques, celle de la falsification de la Vulgate officielle connue de tous et celle de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paroissesaintpaul-saintecroix.catholique.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Textes de r&#233;flexion, formation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extraits du chapitre XX (volume 1) du Coran des historiens &#8211; Cerf 2019 &#8211; pp. 919-967. Chapitre r&#233;dig&#233; par Mohammad Ali Amir-Moezzi, historien, directeur d'&#233;tudes &#224; l'&#201;cole pratique des hautes &#233;tudes. C'est moi jlc qui souligne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Les rapports entre les musulmans shi'ites et le &lt;strong&gt;Coran&lt;/strong&gt; ont toujours &#233;t&#233; complexes, surtout aux trois ou quatre premiers si&#232;cles de l'islam. Ils sont marqu&#233;s par deux probl&#233;matiques, celle de la falsification de la Vulgate officielle connue de tous et celle de la n&#233;cessit&#233; absolue de l'interpr&#233;tation du Coran par une autorit&#233; divinement inspir&#233;e (&#8230;) Les tout premiers si&#232;cles furent en effet marqu&#233;s par deux faits majeurs : l'&#233;laboration des sources scripturaires, &#224; savoir le &lt;i&gt;Coran &lt;/i&gt; et le &lt;strong&gt;hadith&lt;/strong&gt; ( c-a-d les innombrables traditions proph&#233;tiques) et une violence chronique se manifestant principalement sous forme de guerres civiles (&#8230;) Le Coran officiel, mis a posteriori sous le patronage de '&lt;strong&gt;Uthman&lt;/strong&gt; (troisi&#232;me Calife de 644 &#224; 656), aurait en fait &#233;t&#233; &#233;tabli plus tard, probablement sous le califat de l'&lt;strong&gt;Omeyyade 'Abd al-Malik b. Marwan&lt;/strong&gt; (r&#232;gne de 685 &#224; 705) (&#8230;) La Vulgate &#233;tatique (c-a-d le texte officiel) mit plusieurs si&#232;cles pour &#234;tre accept&#233;e par tous les musulmans (&#8230;) Les &lt;strong&gt;alides&lt;/strong&gt; (disciples d'&lt;strong&gt;Ali&lt;/strong&gt;, cousin et gendre de Muhammad, assassin&#233; en 661 ) appel&#233;s progressivement &lt;strong&gt;shi'ites&lt;/strong&gt;, formulent les critiques les plus syst&#233;matiques et les plus nombreuses &#224; l'&#233;gard de l'int&#233;grit&#233; du Coran officiel (&#8230;)&lt;strong&gt; D'apr&#232;s les sources shi'ites, Muhammad avait d&#233;sign&#233; explicitement 'Ali comme son seul successeur l&#233;gitime&lt;/strong&gt;, et ce &#224; plusieurs reprises. Encore plus d&#233;cisif, Dieu lui-m&#234;me, &#224; travers ses r&#233;v&#233;lations, avait annonc&#233; cette succession (&#8230;) Les sources alides-shi'ites, notamment pendant les premiers si&#232;cles de l'h&#233;gire, soutiennent que le Coran original int&#233;gral, contenant de nombreuses mentions explicites et des allusions claires aux membres de la famille de Muhammad et pr&#233;sentant notamment 'Ali comme le successeur de celui-ci, a &#233;t&#233; falsifi&#233; (&#8230;)&lt;strong&gt; Le texte originel du Coran (&#8230;) d&#233;tenu par 'Ali, fut cach&#233; par prudence et prot&#233;g&#233; par les imams de sa descendance et ne sera publiquement r&#233;v&#233;l&#233; qu'aux temps eschatologiques&lt;/strong&gt; (&#8230;) Dans le shi'isme, l'imam (c-a-d 'Ali et ses descendants) est l'herm&#233;neute par excellence (&#8230;) du Livre. Ce sont bien les imams et leurs enseignements qui donnent sa Parole au Coran rendu muet par l'alt&#233;ration. Avec le temps, cette th&#232;se radicale, fond&#233;e sur celle de la falsification, c&#233;dera progressivement la place, mais sans dispara&#238;tre compl&#232;tement, &#224; la doctrine selon laquelle le Coran est en soi, dans sa version originelle, un texte cod&#233; et &#224; plusieurs niveaux qui a par cons&#233;quent besoin de l'herm&#233;neutique de l'imam (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Le texte du livre saint des musulmans pose probl&#232;me. Les orientalistes, mais bien avant eux les savants musulmans eux-m&#234;mes, se sont pos&#233;s la question depuis longtemps (&#8230;) D'abord le caract&#232;re d&#233;cousu, d&#233;structur&#233; et fragmentaire du Coran (&#8230;) M&#234;me les grands sp&#233;cialistes reconnus des sciences coraniques ne connaissaient pas l'ordre chronologique des sourates ou en avaient tr&#232;s t&#244;t perdu la connaissance (&#8230;) Le m&#234;me cas de figure se pr&#233;sente pour un autre aspect important de la connaissance du Coran : les circonstances de la r&#233;v&#233;lation (&#8230;) L&#224; encore, on ne peut que conclure &#224; l'ignorance (des savants) quant aux v&#233;ritables contextes historiques et g&#233;ographiques des textes coraniques (&#8230;) On pourrait dire la m&#234;me chose au sujet d'une autre discipline coranique appel&#233;e &#171; la science de l'abrogeant et de l'abrog&#233; &#187; (&#8230;) De nombreux aspects du texte coranique restent &#233;nigmatiques comme (&#8230;) pour les musulmans des premiers temps de leur histoire. Pourquoi ? (&#8230;) De nombreuses et diff&#233;rentes pistes de recherche ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; propos&#233;es par les chercheurs scientifiques (&#8230;) Je propose ici celles ouvertes notamment par l'&#233;tude des sources shi'ites anciennes, en esp&#233;rant qu'elles viendront compl&#233;ter les autres. Elles se fondent sur &lt;strong&gt;trois ph&#233;nom&#232;nes historiques&lt;/strong&gt; distincts mais interd&#233;pendants :&lt;strong&gt; la centralit&#233; absolue de la figure de 'Ali dans le shi'isme, les guerres civiles des d&#233;buts de l'islam et la dimension apocalyptique des premiers messages de Muhammad.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L'expos&#233; qui suit peut se r&#233;sumer &#224; une sorte de syllogisme : &lt;strong&gt;1/ Muhammad est venu annoncer la Fin des temps. 2/ Il appartient &#224; une culture biblique 3/ Il annonce donc l'av&#232;nement du Messie. &lt;/strong&gt; Or, pour un certain nombre de ses fid&#232;les, '&lt;strong&gt;Ali aurait &#233;t&#233; ce messie&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La dimension &lt;i&gt;apocalyptique&lt;/i&gt; est lourdement pr&#233;sente dans le corpus coranique (dans des passages qui) ont toutes les chances de remonter &#224; Muhammad lui-m&#234;me, &#224; son entourage imm&#233;diat ou tr&#232;s peu de temps apr&#232;s lui. &#201;tant donn&#233; que l'av&#232;nement de l'heure n'a pas eu lieu et que le monde n'a pas pris fin, quels savants ou courants musulmans ult&#233;rieurs avaient int&#233;r&#234;t &#224; fabriquer ce genre de textes en les attribuant &#224; Muhammad ? (&#8230;) Un autre &#233;l&#233;ment historique capital corroborant cette th&#232;se, c'est que l'&#233;poque et la partie du monde qui ont vu na&#238;tre Muhammad et son message (autrement dit le si&#232;cle qui va de la premi&#232;re moiti&#233; du VI&#176; &#224; la premi&#232;re moiti&#233; du VII&#176; dans les immenses r&#233;gions que nous appelons aujourd'hui le Proche et le Moyen-Orient) sont fortement marqu&#233;es par d'intenses attentes apocalyptiques illustr&#233;es dans toutes les traditions religieuses (&#8230;) L'apocalyptique coranique appartient, &#224; sa fa&#231;on, &#224; cette riche litt&#233;rature largement r&#233;pandue &#224; son &#233;poque. Et pour cause&#8230; &lt;strong&gt;A cette &#233;poque justement, l'Arabie est grandement impr&#233;gn&#233;e de culture monoth&#233;iste biblique&lt;/strong&gt; (&#8230;) L'Arabie pr&#233;islamique n'&#233;tait pas celle de &#171; l'&#232;re de l'ignorance &#187;, du chaos et de l'idol&#226;trie, ni l'islam le commencement du monoth&#233;isme arabe (&#8230;) Les attestations textuelles les plus &#233;videntes se trouvent dans le Coran lui-m&#234;me : la pr&#233;sence massive des figures de l'Ancien et du Nouveau Testament, le caract&#232;re allusif des r&#233;cits bibliques qui montrent que l'auditoire les connaissait bien (&#8230;) les racines h&#233;bra&#239;que, aram&#233;enne et syriaque des termes techniques aussi importants que qur'an (&#171; Coran &#187;) (&#8230;) Et &lt;strong&gt;Muhammad&lt;/strong&gt; ? Quel a &#233;t&#233; le milieu religieux de sa naissance et de son &#233;ducation ? (&#8230;) L'hypoth&#232;se peut-&#234;tre la plus probable semble &#234;tre celle formul&#233;e par Alfred-Louis de Pr&#233;mare comme &#171; &lt;strong&gt;une appartenance&lt;/strong&gt; (de Muhammad) &lt;strong&gt;plus ou moins d&#233;finie &#224; l'un ou l'autre groupement sectaire qualifi&#233; de jud&#233;o-chr&#233;tien&lt;/strong&gt; &#187; (&#8230;) Muhammad ne pouvait pas ne pas parler de la figure centrale de l'apocalyptique et du messianisme juif et chr&#233;tien, &#224; savoir le Messie (&#8230;) &lt;strong&gt;De nombreuses attestations textuelles montrent que, pour les premiers adeptes de Muhammad et tr&#232;s probablement pour lui-m&#234;me, le Messie de la Fin des temps n'&#233;tait autre que J&#233;sus-Christ&lt;/strong&gt; (&#8230;) Le fait est attest&#233; dans les couches anciennes du Hadith qui ont toutes les chances d'&#234;tre authentiques car les musulmans ult&#233;rieurs n'avaient aucun int&#233;r&#234;t &#224; fabriquer ce genre de traditions. Or, d'apr&#232;s un grand nombre d'attestations textuelles, &lt;strong&gt;pour un certain nombre de fid&#232;les de Muhammad, 'Ali &#233;tait le lieu de manifestation du &#171; nouveau J&#233;sus &#187; et donc le second Christ/Messie &lt;/strong&gt; (&#8230;) L'association entre les deux personnages atteint son apog&#233;e dans certaines sources appartenant aux milieux shi'ites &#233;sot&#233;ristes, tax&#233;s a posteriori par les adversaires d' &#171; extr&#233;misme &#187; (&#8230;) 'Ali n'est pas une r&#233;incarnation de J&#233;sus. Son identification avec le fils de Marie est expliqu&#233;e dans le shi'isme ancien par la doctrine de la transmission du Legs sacr&#233;, de la lumi&#232;re de l'Alliance ou de l'Amiti&#233; divine (&#8230;) doctrine qui , sur bien des points, rappelle celle du Paraclet ou de la descente de l'Esprit Saint sur l'Homme divin dans le christianisme (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;&#233;criture de l'histoire et la fabrication d'une nouvelle m&#233;moire collective semble avoir commenc&#233; d&#232;s le d&#233;but du califat des Omeyyades (&#224; partir de 661) , ennemis historiques (&#8230;) du clan et de la famille de Muhammad en g&#233;n&#233;ral et des alides en particulier (&#8230;) La mal&#233;diction publique de 'Ali, depuis la chaire des mosqu&#233;es mais aussi dans la propagande de l'appareil &#233;tatique, devient syst&#233;matique d&#232;s les r&#232;gne de &lt;strong&gt;Mu'awiya 1er&lt;/strong&gt; , premier calife omeyyade. La haine de 'Ali, de sa famille &#8211; qui est &#233;videmment celle du Proph&#232;te &#8211; et de ses partisans atteint son apog&#233;e &#224; Karbala avec le massacre d'&lt;strong&gt;al-Husayn b. 'Ali&lt;/strong&gt;, petit-fils du Proph&#232;te, et de la quasi-totalit&#233; de ses proches sur ordre du calife &lt;i&gt;Yazid 1er&lt;/i&gt; en 680. Une version officielle du Coran, constitu&#233;e selon les exigences du pouvoir califal, est &#233;labor&#233;e et diffus&#233;e dans les grandes villes de l'empire ; parall&#232;lement, les autres recensions coraniques seront recherch&#233;es et d&#233;truites (&#8230;) Peu &#224; peu, m&#234;me ceux qui croyaient en 'Ali comme le Messie de la Fin des temps chang&#232;rent d'avis, sans doute quelques ann&#233;es apr&#232;s sa mort, lorsque les esp&#233;rances en son &#171; retour sur terre &#187; furent &#233;vanouies (&#8230;) &lt;strong&gt;De son statut messianique, 'Ali perdit la dimension apocalyptique mais garda les principales fonctions spirituelles : la nature th&#233;ophanique et la guidance inspir&#233;e&lt;/strong&gt;. Il devint ainsi l'imam par excellence, le premier et le p&#232;re de tous les autres imams (&#8230;) (Avec le Calife &lt;strong&gt;'Abd al-Malik&lt;/strong&gt; ) le processus de &#171; d&#233;messianisation &#187; devient d&#233;terminant. La figure de &lt;strong&gt;Muhammad&lt;/strong&gt;, comme le plus saint et le dernier des proph&#232;tes, est r&#233;habilit&#233;e et en m&#234;me temps, son message, originellement plut&#244;t &#171; universaliste &#187;, r&#233;unissant les autres monoth&#233;istes appel&#233;s les croyants (mu'minun), est d&#233;sormais fortement arabis&#233;. Les diff&#233;rences de ce message et bient&#244;t sa sup&#233;riorit&#233; par rapport au juda&#239;sme et au christianisme sont valoris&#233;es et ses fid&#232;les appel&#233;s les musulmans (&lt;i&gt;muslimun&lt;/i&gt;) (&#8230;)&lt;strong&gt; Ainsi, l'opposition &#224; 'Ali et la volont&#233; d'effacer la dimension messianique du message de Muhammad&lt;/strong&gt; (un pouvoir stable et les puissants qui l'occupent ne souhaitent pas que le monde prenne trop rapidement fin), &lt;strong&gt;les conflits sanglants qui s'ensuivirent ainsi que la naissance de l'empire auraient eu, entre autres cons&#233;quences, celle de l'&#233;laboration d'un Coran officiel au texte probl&#233;matique car portant les vestiges de ces &#233;v&#233;nements dramatiques.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;(&lt;span class=&#034;smallcaps&#034;&gt;Sur ce sujet, voir aussi une int&#233;ressante vid&#233;o : Taper sur google &#171; Mohammad Ali Amir-Moezzi conf&#233;rence &#224; la Gr&#233;gorienne &#187;&lt;/span&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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		<title>Histoire : Les fronti&#232;res entre juda&#239;sme et christianisme</title>
		<link>https://paroissesaintpaul-saintecroix.catholique.fr/spip.php?article656</link>
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		<dc:date>2020-12-09T22:16:35Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Louis Cathala</dc:creator>



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&lt;p&gt;( Un entretien avec Daniel Boyarin, Professeur de litt&#233;rature talmudique &#224; Berkeley (USA) / Journal l'Express du 25 d&#233;cembre 2017) &lt;br class='autobr' /&gt;
* Quelle est aujourd'hui l'approche juive de la vie de J&#233;sus ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Il me para&#238;t impossible de parler d'une &#034;approche juive&#034; globale. Les juifs ont, comme les catholiques, des approches et des sensibilit&#233;s diff&#233;rentes dans de nombreux domaines, et c'est d'autant plus vrai chez nous qui n'avons pas de hi&#233;rarchie ou de pape. N&#233;anmoins, on peut dire que, depuis un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paroissesaintpaul-saintecroix.catholique.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Textes de r&#233;flexion, formation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;( Un entretien avec Daniel Boyarin, Professeur de litt&#233;rature talmudique &#224; Berkeley (USA) / Journal l'Express du 25 d&#233;cembre 2017)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* Quelle est aujourd'hui l'approche juive de la vie de J&#233;sus ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Il me para&#238;t impossible de parler d'une &#034;approche juive&#034; globale. Les juifs ont, comme les catholiques, des approches et des sensibilit&#233;s diff&#233;rentes dans de nombreux domaines, et c'est d'autant plus vrai chez nous qui n'avons pas de hi&#233;rarchie ou de pape. N&#233;anmoins, on peut dire que, depuis un peu plus d'un si&#232;cle environ, de nombreux juifs s'accordent &#224; consid&#233;rer J&#233;sus comme un enseignant juif de premier plan.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* Qu'est-ce qui a chang&#233; dans la perception juive ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Depuis les travaux d'Abraham Geiger, un certain nombre de sp&#233;cialistes ont d&#233;montr&#233; l'existence de parall&#232;les &#233;troits entre J&#233;sus, tel qu'il est d&#233;crit dans les &#233;vangiles, et certaines vues que l'on trouve dans la litt&#233;rature rabbinique. Mais &#224; la suite du g&#233;nocide perp&#233;tr&#233; par les nazis, ces proximit&#233;s et leur enseignement ont &#233;t&#233; en perte de vitesse, car la majorit&#233; des juifs ont pris leurs distances avec un christianisme devenu antipathique &#224; leurs yeux. Aujourd'hui, on assiste &#224; un regain d'int&#233;r&#234;t pour cet enseignement. Il fait peu de doute que J&#233;sus se consid&#233;rait lui-m&#234;me comme un juif et qu'il a &#233;t&#233; le gardien de la Torah, conform&#233;ment &#224; la pratique juive de son temps. Pour autant, la plupart des &#233;tudes juives qui portent sur J&#233;sus, m&#234;me celles r&#233;dig&#233;es par des &#233;rudits ou des esprits tr&#232;s ouverts, ont g&#233;n&#233;ralement rejet&#233; l'id&#233;e que J&#233;sus &#233;tait le fils de Dieu, au m&#234;me titre qu'elles r&#233;futaient l'Incarnation ou la Trinit&#233;, et plus encore l'id&#233;e que le Messie pouvait mourir, &#224; plus forte raison s'il est le fils de Dieu. Ces derni&#232;res ann&#233;es, des intellectuels juifs, dont je fais partie, ont n&#233;anmoins avanc&#233; que ce dernier point n'&#233;tait peut-&#234;tre pas si certain. En effet, on trouve dans la litt&#233;rature primitive non rabbinique, et en particulier dans la litt&#233;rature pr&#233;rabbinique (mais pas seulement), des &#233;crits qui &#233;voquent l'existence d'une seconde figure divine, qui se tiendrait au ciel &#224; c&#244;t&#233; de Dieu et respecterait la seule volont&#233; de Dieu. Cette doctrine, dite &#034;binitarisme&#034;, caract&#233;rise &#233;galement la th&#233;ologie en vigueur chez de nombreux chr&#233;tiens avant le premier concile de Nic&#233;e (325). Des &#233;l&#233;ments attestent aussi que, pour quelques juifs non chr&#233;tiens, ce second personnage divin serait associ&#233;, combin&#233; &#224; une personne humaine, et qu'il sauverait Isra&#235;l en tant que Messie. Enfin, nous avons des sources qui sugg&#232;rent l'interpr&#233;tation d'un Messie qui souffre, et pourrait peut-&#234;tre m&#234;me mourir dans l'accomplissement de sa mission.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les fronti&#232;res entre ce que nous appelons christianisme et juda&#239;sme ne sont donc pas si nettes, apr&#232;s tout. Les id&#233;es selon lesquelles les chr&#233;tiens ne suivent pas la Torah ou les juifs ne croient pas en un Messie divin ne sont plus si clairement d&#233;limit&#233;es&lt;/strong&gt;. La principale diff&#233;rence entre juifs et chr&#233;tiens aujourd'hui concerne l'identit&#233; de ce Messie : les chr&#233;tiens affirment qu'il est d&#233;j&#224; venu en la personne de J&#233;sus, tandis que les juifs l'attendent toujours. C'est comme cela en tout cas que la situation m'appara&#238;t, et j'ai eu l'occasion de d&#233;velopper cette th&#232;se il y a quelques ann&#233;es dans l'ouvrage Le Christ juif (Cerf, 2013). Mais &lt;strong&gt;cette position ne fait pas l'unanimit&#233; dans le monde juif, ni parmi les sp&#233;cialistes ni parmi les profanes&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* Comment voyez-vous le futur des relations entre juda&#239;sme et christianisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La possibilit&#233; m&#234;me de pouvoir discuter de tels sujets dans le monde juif aujourd'hui tient pour beaucoup au fait que les souvenirs des drames terribles de la seconde guerre mondiale s'estompent et que, parall&#232;lement, les juifs ont une vision plus nuanc&#233;e du monde chr&#233;tien : nous ne consid&#233;rons plus aujourd'hui l'ensemble des chr&#233;tiens, voire le christianisme tout court, comme d'implacables ennemis (m&#234;me si certains le sont toujours, car l'antis&#233;mitisme reste encore r&#233;pandu dans beaucoup de milieux chr&#233;tiens). Par ailleurs, de nombreux chr&#233;tiens ont accompli de vrais efforts de r&#233;conciliation apr&#232;s l'oppression subie par les juifs et le juda&#239;sme. Tout cela favorise un contexte plus serein pour permettre aux sp&#233;cialistes, tel le juif croyant que je suis, de d&#233;velopper des approches plus nuanc&#233;es sur la partition entre juda&#239;sme et christianisme, et de mieux comprendre les connexions entre les th&#233;ologies et pratiques juives et chr&#233;tiennes. Sans craindre d'&#234;tre purement et simplement englouti&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Histoire : Yeshu, juif galil&#233;en</title>
		<link>https://paroissesaintpaul-saintecroix.catholique.fr/spip.php?article653</link>
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		<dc:date>2020-12-02T18:42:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Louis Cathala</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'historien le plus sceptique devra en convenir : la vie de Yeshu, juif galil&#233;en, a chang&#233; la face du monde. Certains objecteront : mais J&#233;sus fut-il autre chose qu'un pr&#234;cheur local, un gu&#233;risseur exalt&#233;, dont l'ambition &#8211; briller &#224; J&#233;rusalem &#8211; fut neutralis&#233;e en haut lieu ? (&#8230;) Cette lecture minimaliste ne r&#233;siste pas &#224; l'examen historique. Seul l' &#171; effet J&#233;sus &#187;, c'est-&#224;-dire l'impact de sa personnalit&#233; sur ses contemporains, explique une telle fixation de sa m&#233;moire chez ses adeptes (&#8230;) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paroissesaintpaul-saintecroix.catholique.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Textes de r&#233;flexion, formation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'historien le plus sceptique devra en convenir : la vie de Yeshu, juif galil&#233;en, a chang&#233; la face du monde. Certains objecteront : mais J&#233;sus fut-il autre chose qu'un pr&#234;cheur local, un gu&#233;risseur exalt&#233;, dont l'ambition &#8211; briller &#224; J&#233;rusalem &#8211; fut neutralis&#233;e en haut lieu ? (&#8230;) Cette lecture minimaliste ne r&#233;siste pas &#224; l'examen historique. Seul l' &#171; effet J&#233;sus &#187;, c'est-&#224;-dire l'impact de sa personnalit&#233; sur ses contemporains, explique une telle fixation de sa m&#233;moire chez ses adeptes (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L'examen des sources documentaires a fait toucher du doigt l'anciennet&#233; exceptionnelle et l'abondance des informations dont nous disposons sur lui. La th&#233;orie mythiste du J&#233;sus imaginaire est une supercherie intellectuelle. En revanche, l'imaginaire chr&#233;tien s'est emball&#233; quand il s'est agi de d&#233;crire sa naissance et son enfance (&#8230;) A l'&#226;ge de trente ans, une rencontre a boulevers&#233; sa vie, celle de Jean le Baptiseur (&#8230;) L'arrestation de son mentor spirituel conduit (J&#233;sus) &#224; mener sa propre &#339;uvre de pr&#233;dication, reprenant de nombreux th&#232;mes de Jean, mais inversant son image de Dieu : non plus le Dieu de col&#232;re, mais le Dieu de l'accueil inconditionnel (&#8230;) Sa pratique de gu&#233;rison lui a valu un ind&#233;niable succ&#232;s populaire (&#8230;) J&#233;sus consid&#232;re ses miracles comme une activation du R&#232;gne de Dieu sur terre (&#8230;) Les paraboles sont le mode d'emploi du Royaume. Po&#232;te du Royaume, J&#233;sus fut aussi un ma&#238;tre de sagesse ; son enseignement fait &#233;clater les normes raisonnables admises par les rabbis et installe un &#233;tat d'urgence autour des besoins d'autrui (&#8230;) Ses repas, qui ont fait scandale, sont le lieu d'une saintet&#233; partag&#233;e. J&#233;sus s'entoure d'un cercle rapproch&#233; d'intimes pr&#233;figurant l'Isra&#235;l du futur, mais le groupe plus large de ses adh&#233;rents comprend des disciples femmes, dont la tradition a partiellement oubli&#233; la m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Que pensait J&#233;sus de sa vocation ? (&#8230;) Il est pratiquement certain qu' (il) a us&#233; du titre &#171; Fils de l'homme &#187; (&#8230;) Les gens l'ont salu&#233; comme un proph&#232;te, mais lui s'est dit &#171; plus qu'un proph&#232;te &#187; (&#8230;) La foule l'a dit Messie ; mais lui n'a pas consenti &#224; ce titre, &#224; la teneur violente et nationaliste. Apr&#232;s sa mort, les disciples ont reconnu qu'il avait &#233;t&#233; &lt;i&gt;Messie&lt;/i&gt;, mais autrement, par une fid&#233;lit&#233; allant jusqu'&#224; la mort (&#8230;) Apr&#232;s P&#226;ques, il fut appel&#233; &lt;i&gt;Seigneur&lt;/i&gt; et Fils de Dieu (&#8230;) Il est mort &#224; J&#233;rusalem, au terme d'un proc&#232;s politique. Les raisons de sa condamnation ne sont pas &#233;videntes. A-t-il &#233;t&#233; condamn&#233; comme blasph&#233;mateur pour s'&#234;tre d&#233;clar&#233; Messie ? Peu probable. Le d&#233;lit de messianit&#233; n'&#233;tait pas capital &#224; l'&#233;poque. S'il fut invoqu&#233;, c'est afin de pr&#233;senter au pr&#233;fet Ponce Pilate, prompt &#224; r&#233;primer tout d&#233;sordre public, un motif politiquement valable. Le v&#233;ritable d&#233;lit &#233;tait l'outrage fait au Temple par le geste violent de J&#233;sus, qui bloquait les op&#233;rations li&#233;es aux sacrifices (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re interpr&#233;tation de la vie et de la mort de J&#233;sus a &#233;t&#233; la foi en sa r&#233;surrection. C'est au travers d'exp&#233;riences visionnaires (&#8230;) que ses amis, femmes et hommes, ont re&#231;u la conviction inattendue que Dieu se solidarisait avec l'homme pendu au bois (&#8230;) P&#226;ques n'apporte pas une r&#233;v&#233;lation &#233;trang&#232;re &#224; ce qu'&#233;tait J&#233;sus, mais scelle l'approbation divine sur ce qu'il fut de son vivant. La r&#233;ception de J&#233;sus : (&#8230;) Dans le christianisme, les &#233;vangiles extra-canoniques (&#171; apocryphes &#187;) constituent une litt&#233;rature foisonnante. Ils &#233;manent de courants chr&#233;tiens dissidents, parfois h&#233;ritiers de traditions non retenues dans les &#233;vangiles canoniques, mais le plus souvent accr&#233;ditant leur doctrine par des fictions th&#233;ologiques (&#8230;) La r&#233;ception juive de J&#233;sus r&#233;v&#232;le l'histoire path&#233;tique de la haine entre le christianisme et le juda&#239;sme au fils des si&#232;cles. Ce destin t&#233;n&#233;breux a imprim&#233; sa marque sur la mani&#232;re dont les juifs, expos&#233;s &#224; l'antis&#233;mitisme chr&#233;tien, ont d&#233;fendu leur identit&#233; religieuse (&#8230;) Le d&#233;gel intervient vers 1970, apr&#232;s quoi les &#233;rudits juifs se sont int&#233;ress&#233;s au Nazar&#233;en et ont investi leur connaissance du Talmud dans la lecture des &#233;vangiles. La r&#233;ception de J&#233;sus dans l'islam a &#233;t&#233; probl&#233;matique : comment, &#224; c&#244;t&#233; d'Allah, imaginer un autre &#234;tre divin ? (&#8230;) L'h&#233;ritage des chr&#233;tient&#233;s dissidentes orientales se per&#231;oit dans les r&#233;cits islamiques de la naissance de J&#233;sus, o&#249; abondent les emprunts aux &#233;vangiles apocryphes. Sa mort en croix est interpr&#233;t&#233;e comme un simulacre, &#224; la mani&#232;re (mais pour de toutes autres raisons) du christianisme gnostique. Au final, J&#233;sus est reformat&#233; en proph&#232;te de l'islam, pr&#233;curseur de Mahomet.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Daniel Marguerat &#8211; Vie et destin de J&#233;sus de Nazareth &#8211; Seuil 2019- pp. 347-35&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title> Histoire : l'id&#233;ologie messianiste</title>
		<link>https://paroissesaintpaul-saintecroix.catholique.fr/spip.php?article650</link>
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		<dc:date>2020-11-24T21:33:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Louis Cathala</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Si l'on en croit la Bible, vers 1200 avant J.C., ( les H&#233;breux) se seraient enfuis d'&#201;gypte et auraient franchi le Jourdain pour conqu&#233;rir la Terre promise (&#8230;) Fouille apr&#232;s fouille, les arch&#233;ologues ont d&#233;couvert qu'il n'y avait jamais eu de conqu&#234;te militaire de la Palestine. A leur arriv&#233;e, les H&#233;breux nomades n'ont provoqu&#233; aucune r&#233;action de rejet : il n'y a pas eu de coalition contre eux, pas de grande bataille, pas d'effondrement des murailles de J&#233;richo au son des trompettes. Ils (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Si l'on en croit la Bible, vers 1200 avant J.C., ( les H&#233;breux) se seraient enfuis d'&#201;gypte et auraient franchi le Jourdain pour conqu&#233;rir la Terre promise (&#8230;) Fouille apr&#232;s fouille, les arch&#233;ologues ont d&#233;couvert qu'il n'y avait&lt;i&gt; jamais&lt;/i&gt; eu de conqu&#234;te militaire de la Palestine. A leur arriv&#233;e, les H&#233;breux nomades n'ont provoqu&#233; aucune r&#233;action de rejet : il n'y a pas eu de&lt;i&gt; coalition&lt;/i&gt; contre eux, pas de grande bataille, pas d'effondrement des murailles de J&#233;richo au son des trompettes. Ils n'ont pas conquis le pays par la force de leurs armes, mais se sont int&#233;gr&#233;s sans violence, avec le temps (&#8230;) En 587 avant J.C., Nabuchodonosor, Roi de Babylone, investit J&#233;rusalem, d&#233;truisit son Temple et d&#233;porta la population au bord de l'Euphrate. C'est &#224; cette &#233;poque que les premiers r&#233;cits de la Bible, tels qu'ils nous sont parvenus, ont &#233;t&#233; mis par &#233;crit (&#8230;) Exil&#233;s &#224; Babylone, (&lt;i&gt;les Enfants d'Isra&#235;l&lt;/i&gt;) se rendirent compte qu'ils couraient un grand danger : &#234;tre assimil&#233;s (&#8230;) Pour continuer d'exister, ils se raccroch&#232;rent aux l&#233;gendes qu'ils se transmettaient de bouche &#224; oreille, et les transform&#232;rent en &#233;pop&#233;e glorieuse :&lt;strong&gt; un jour, comme Josu&#233; dans un pass&#233; devenu mythique, ils reprendraient possession de J&#233;rusalem (&#8230;) Le mythe de la conqu&#234;te violente de la Palestine s'est introduit dans la m&#233;moire d'Isra&#235;l &lt;/strong&gt; : il fera d&#233;sormais partie de l'identit&#233; juive, et se retrouvera dans le Coran.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;(Les &lt;i&gt;Enfants d'Isra&#235;l&lt;/i&gt;) se mirent ensuite &#224; r&#234;ver au Roi David, dont ils firent le conqu&#233;rant magnifique d'un royaume qui se serait &#233;tendu de l'Euphrate au Sina&#239;. Ils pr&#234;t&#232;rent &#224; Dieu une promesse solennelle faite &#224; David : lui, Dieu, viendrait habiter J&#233;rusalem, dans un Temple qui lui serait consacr&#233;. L&#224;, il r&#233;siderait pour toujours dans sa Gloire (&#8230;) La r&#233;alit&#233; est tout autre (&#8230;) David : (&#8230;) un chef de bande, un gu&#233;rillero local (&#8230;) En revanche, son fils, Salomon, a &#233;t&#233; un grand roi (&#8230;) Dans l'imaginaire des exil&#233;s de Babylone, c'est pourtant David qui est rest&#233; le type du h&#233;ros juif royal et triomphant (&#8230;) &lt;strong&gt;C'est &#224; toute la terre que devait s'&#233;tendre leur future reconqu&#234;te&lt;/strong&gt; (&#8230;) Fils adoptif de Dieu, le roi David est ainsi devenu l'&#233;tendard d'un peuple humili&#233; par l'exil, qui r&#234;vait d'une revanche (&#8230;)&lt;strong&gt; Une id&#233;ologie d'expansion territoriale par la guerre, faite au nom de Dieu, p&#233;n&#233;trait profond&#233;ment dans la culture juive&lt;/strong&gt;. On se persuadait qu'un jour, un nouveau David, comme lui oint par Dieu, viendrait prendre la t&#234;te du peuple juif pour conqu&#233;rir le monde. En h&#233;breu,&lt;i&gt; oint&lt;/i&gt; se dit &lt;i&gt;Messie&lt;/i&gt; : bien plus tard, le &lt;strong&gt;messianisme&lt;/strong&gt; ** (&#8230;) viendra contaminer des Arabes s&#233;dentaris&#233;s en Syrie &#8211; avec des cons&#233;quences incalculables. Puisque leur volont&#233; de domination &#233;tait plan&#233;taire, elle devait s'enraciner aux origines m&#234;me de l'humanit&#233;. Les Juifs ont donc relu et r&#233;interpr&#233;t&#233; le vieux r&#233;cit biblique de la cr&#233;ation, qui montrait l'Homme chass&#233; du jardin du paradis. L'attente du retour &#224; J&#233;rusalem va progressivement se combiner avec la nostalgie de ce paradis perdu : ils y reviendraient, dans l'&#233;tat qui &#233;tait celui de l'humanit&#233; &lt;i&gt;avant&lt;/i&gt; la chute. La reconqu&#234;te de J&#233;rusalem par la force devint le symbole &#8211; et l'assurance &#8211; du retour au paradis. &lt;strong&gt;Et son temple, le centre du monde&lt;/strong&gt; (&#8230;) Le messianisme allait infecter la plan&#232;te, jusqu'&#224; nos jours&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;**&lt;i&gt; NDLR : Ce texte est dur ! Parler de &#171; messianisme &#187; est &#224; notre sens inappropri&#233; ; il vaudrait mieux dire : &#171; id&#233;ologie messianiste &#187;, c-a-d le c&#244;t&#233; sombre et la forme violente du messianisme , un ph&#233;nom&#232;ne diversifi&#233;, spirituel et tr&#232;s honorable ; &#224; tel point qu'il a &#233;t&#233; &#171; incarn&#233; &#187; par J&#233;sus ! Cette id&#233;ologie messianiste, devenue &#171; mill&#233;nariste &#187; avec la litt&#233;rature apocalyptique, s'est cristallis&#233;e au tournant de notre &#232;re dans certaines sectes marginales juives ou jud&#233;o-chr&#233;tiennes. Elle a pris toute sa dimension aux commencements de l'islam et permet d'en mesurer les d&#233;rives&lt;br class='autobr' /&gt;
intrins&#232;ques. C&#244;t&#233; chr&#233;tien, cette id&#233;ologie est une clef pour comprendre la violence des Croisades vers J&#233;rusalem ainsi que les gesticulations de certains fondamentalistes plus sionistes que les juifs. On retrouvera cette dimensions messianiste ou mill&#233;nariste jusque dans le communisme et le national-socialisme .&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Aller &#224; la crois&#233;e des chemins</title>
		<link>https://paroissesaintpaul-saintecroix.catholique.fr/spip.php?article635</link>
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		<dc:date>2020-10-13T21:45:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Louis Cathala</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;J&#233;sus connaissait tr&#232;s bien la vie dure et monotone des paysans. Il savait comment ils attendaient l'arriv&#233;e du sabbat pour se &#171; lib&#233;rer &#187; du travail. Il les voyait se r&#233;jouir lors des f&#234;tes et des mariages.Quoi de plus joyeux pour eux que d'&#234;tre invit&#233;s &#224; un banquet et de pouvoir s'asseoir &#224; table avec leurs voisins pour partager une f&#234;te de noces ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Pouss&#233; par son exp&#233;rience de Dieu, J&#233;sus commence &#224; leur parler d'une mani&#232;re surprenante. La vie n'est pas seulement cette vie de travail et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus connaissait tr&#232;s bien la vie dure et monotone des paysans. Il savait comment ils attendaient l'arriv&#233;e du sabbat pour se &#171; lib&#233;rer &#187; du travail. Il les voyait se r&#233;jouir lors des f&#234;tes et des mariages.Quoi de plus joyeux pour eux que d'&#234;tre invit&#233;s &#224; un banquet et de pouvoir s'asseoir &#224; table avec leurs voisins pour partager une f&#234;te de noces ?&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Pouss&#233; par son exp&#233;rience de Dieu, J&#233;sus commence &#224; leur parler d'une mani&#232;re surprenante. La vie n'est pas seulement cette vie de travail et de soucis, de peines et de difficult&#233;s. Dieu pr&#233;pare un dernier festin pour tous ses fils et ses filles. Il veut que nous soyons tous assis &#224; c&#244;t&#233; de lui, autour de la m&#234;me table, et que nous jouissions pour toujours d'une vie pleinement heureuse. Mais J&#233;sus ne se contentait pas de parler ainsi de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Lui-m&#234;me invitait tout le monde &#224; sa table et mangeait m&#234;me avec les p&#233;cheurs et les ind&#233;sirables. Il voulait &#234;tre pour tout le monde la grande invitation de Dieu &#224; la f&#234;te finale. Il voulait les voir recevoir joyeusement son appel et cr&#233;er entre tous une atmosph&#232;re plus amicale et fraternelle qui les pr&#233;parerait ad&#233;quatement &#224; la f&#234;te finale.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-il advenu de cette invitation ? Qui l'annonce ? Qui l'&#233;coute ? O&#249; pouvons-nous entendre parler de cette f&#234;te ? Satisfaits de notre bien-&#234;tre, sourds &#224; tout ce qui ne va pas dans le sens de notre propre int&#233;r&#234;t, nous ne croyons pas avoir besoin de Dieu. Ne nous habituons-nous pas peu &#224; peu &#224; vivre sans avoir besoin d'une esp&#233;rance ultime ?&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Dans la parabole de Matthieu, lorsque ceux qui ont des terres et des affaires refusent l'invitation, le roi dit &#224; ses serviteurs : &#171; Allez maintenant &#224; la crois&#233;e des chemins et tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au banquet de noces &#187;. L'ordre est inou&#239;, mais il refl&#232;te ce que J&#233;sus ressent. Malgr&#233; tant de rejet et de m&#233;pris, la f&#234;te aura bien lieu. Dieu n'a pas chang&#233;. Nous devons continuer &#224; inviter.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Mais maintenant le mieux c'est d'aller aux &#171; carrefours &#187; travers&#233;s par tant de gens errants, sans terre ni commerce, que personne n'a jamais invit&#233;s &#224; une f&#234;te. Ils pourront comprendre l'invitation mieux que quiconque. Ils pourront nous rappeler notre besoin ultime de Dieu et nous apprendre l'esp&#233;rance.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Jos&#233; Antonio Pagola&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Histoire : L'&#201;glise, une secte juive.</title>
		<link>https://paroissesaintpaul-saintecroix.catholique.fr/spip.php?article620</link>
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		<dc:date>2020-08-18T21:59:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Louis Cathala</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Extraits d'un article de R&#233;gis Burnet paru dans le magazine Histoire du christianisme - num. 44, d&#233;cembre 2008, pp. 92 &#224; 98 &lt;br class='autobr' /&gt; L'&#201;glise est une secte juive qui a r&#233;ussi, sans donner &#224; ce mot un sens p&#233;joratif. Le terme &#171; secte &#187; est employ&#233; par Flavius Jos&#232;phe dans sa description des diff&#233;rents groupes qui peuplent la Jud&#233;e. Le juda&#239;sme des premiers si&#232;cles &#233;tait un juda&#239;sme de &#171; partis &#187;. Jos&#232;phe distingue les sadduc&#233;ens, les pharisiens, les ess&#233;niens et les z&#233;lotes ; mais il ne parle que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paroissesaintpaul-saintecroix.catholique.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Textes de r&#233;flexion, formation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extraits d'un article de R&#233;gis Burnet paru dans le magazine Histoire du christianisme - num. 44, d&#233;cembre 2008, pp. 92 &#224; 98&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise est une &lt;i&gt;secte&lt;/i&gt; juive qui a r&#233;ussi, sans donner &#224; ce mot un sens p&#233;joratif. Le terme &#171; secte &#187; est employ&#233; par F&lt;strong&gt;lavius Jos&#232;phe&lt;/strong&gt; dans sa description des diff&#233;rents groupes qui peuplent la Jud&#233;e. Le juda&#239;sme des premiers si&#232;cles &#233;tait un juda&#239;sme de &#171; partis &#187;. Jos&#232;phe distingue les &lt;i&gt;sadduc&#233;ens&lt;/i&gt;, les &lt;i&gt;pharisiens&lt;/i&gt;, les &lt;i&gt;ess&#233;niens&lt;/i&gt; et les &lt;i&gt;z&#233;lotes&lt;/i&gt; ; mais il ne parle que de la Jud&#233;e ; les choses sont beaucoup plus complexes dans tout le bassin m&#233;diterran&#233;en. Le juda&#239;sme de Diaspora est transculturel et se meut dans les sp&#233;culations gr&#233;co-romaines aussi bien que dans celles de Palestine. En Jud&#233;e, &#224; la classification de Flavius Jos&#232;phe, il faut ajouter les groupes de tendance apocalyptique comme les &lt;i&gt;baptistes&lt;/i&gt; ainsi que les divers courants du pharisa&#239;sme. Et la foi d'Isra&#235;l en Jud&#233;e s'est aussi incorpor&#233;e les croyances et l'historiographie babylonienne et s'est ouverte &#224; l'hell&#233;nisme depuis la conqu&#234;te d'Alexandre. Quel &#233;tait le point commun de ces divers juda&#239;smes ? Certainement pas le sacrifice au Temple de J&#233;rusalem, qui &#233;tait inaccessible aux gens de la Diaspora qui l'avaient remplac&#233; par un culte spirituel dans les synagogues. Probablement pas, non plus, la circoncision ; beaucoup ne la pratiquaient pas avec la rigueur qu'on a parfois suppos&#233;e. Trois points communs peuvent &#234;tre mentionn&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;. La croyance en un Dieu unique et le refus de l'idol&#226;trie.&lt;br class='autobr' /&gt;
. L'id&#233;e que c'est par une orthopraxie ( une conduite juste) que l'on parvient &#224; la saintet&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
. L'&#233;lection par Dieu d'un peuple dont il fait son peuple.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La communaut&#233; de J&#233;sus ne dut pas se distinguer de mani&#232;re tr&#232;s claire des autres tendances jud&#233;ennes. Les &#171; chr&#233;tiens &#187; n'&#233;taient pas les premiers juifs &#224; avoir un &lt;i&gt;messie &lt;/i&gt; ; ce n'&#233;tait pas une raison pour &#171; sortir &#187; de la foi d'Isra&#235;l. Les premiers disciples du Ressuscit&#233; croyaient &#224; son retour prochain ; pourquoi chercher &#224; tout changer, alors que le Christ &#233;tait sur le point d'&#233;tablir son r&#232;gne d&#233;finitif sur le monde ? L'&#201;glise primitive reprend du juda&#239;sme l'ensemble de ses fondements : Le maintien du &#171; monoth&#233;isme &#187; est une &#233;vidence ; l'exigence d'une orthopraxie pr&#233;occupe l'ensemble des remarques &#171; pastorales &#187; des &#233;p&#238;tres, ainsi que de nombreux passages des &#233;vangiles ; le th&#232;me de l'&lt;i&gt;&#233;lection &lt;/i&gt; est lui aussi fondamental ; l'&#201;glise s'est pens&#233;e dans la continuit&#233; d'Isra&#235;l. De m&#234;me, on conserve des th&#233;matiques du juda&#239;sme apocalyptique : Le &lt;i&gt;mill&#233;narisme&lt;/i&gt; des &#233;crits intertestamentaires se retrouve dans l'&lt;i&gt;Apocalypse de Jean&lt;/i&gt;, mais est d&#233;j&#224; pr&#233;sent dans la &lt;i&gt;Premi&#232;re Ep&#238;tre aux Thessaloniciens&lt;/i&gt; ou dans l'&lt;i&gt;&#201;vangile selon Matthieu&lt;/i&gt;. Les premiers &lt;i&gt;P&#232;res de l'&#201;glise&lt;/i&gt; maintiendront ce sentiment de vivre dans les temps derniers. Par ailleurs, on a souvent pens&#233; &lt;strong&gt;Paul &lt;/strong&gt; comme le fossoyeur d'une certaine &#201;glise juive. Plusieurs arguments relativisent ce jugement &#224; l'emporte-pi&#232;ce : Tout d'abord, dans l'&lt;i&gt;Ep&#238;tre aux Romains&lt;/i&gt;, la &lt;i&gt;Loi&lt;/i&gt; et la &lt;i&gt;gr&#226;ce &lt;/i&gt; ne sont pas oppos&#233;es, mais constituent deux voies de salut ayant chacune sa l&#233;gitimit&#233;. Ensuite, l'&lt;i&gt;Ep&#238;tre aux Galates&lt;/i&gt; pense le salut selon le sch&#233;ma juif de l'&#233;lection d'un peuple. La seule diff&#233;rence est que d&#233;sormais, l'adoption des &#171; non-juifs &#187; est possible. Enfin, St Paul ne cesse de r&#233;fl&#233;chir &#224; partir de la &lt;i&gt;Torah&lt;/i&gt; : si elle doit &#234;tre interpr&#233;t&#233;e en fonction du Christ, elle ne doit certainement pas &#234;tre supprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;paration entre &#171; juda&#239;sme &#187; et &#171; christianisme &#187; fut lente et progressive. Pour la dater, un faisceau d'indices pourraient orienter vers le d&#233;but du III&#176; si&#232;cle. Pour autant, les liens entre juifs et chr&#233;tiens ne sont pas coup&#233;s, comme le prouve le maintien, pendant tr&#232;s longtemps, de communaut&#233;s juives au sein du &#171; christianisme &#187;, h&#233;riti&#232;res de la premi&#232;re communaut&#233; &#171; chr&#233;tienne &#187; de J&#233;rusalem compos&#233;e de Jud&#233;ens proches de &lt;strong&gt;Jacques&lt;/strong&gt;, le &#171; Fr&#232;re du Seigneur &#187;. Le christianisme est bien, &#224; l'origine, une tendance particuli&#232;re du juda&#239;sme de l'&#233;poque du second Temple. Il est n&#233; gr&#226;ce &#224; des juifs hell&#233;nises, vivant dans un monde ouvert aux influences de la philosophie grecque, de la morale latine, des sp&#233;culations orientales, situ&#233; &#224; mi-chemin entre Alexandrie, Babylone, Rome et Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comprendre l'islam ou plut&#244;t : pourquoi on n'y comprend rien</title>
		<link>https://paroissesaintpaul-saintecroix.catholique.fr/spip.php?article617</link>
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		<dc:date>2020-08-09T21:25:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Louis Cathala</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Quelques notes sur un petit livre d'Adrien Candiard - Flammarion 2016 &lt;br class='autobr' /&gt; Essentialiser l'islam ( penser qu'il existe de cette religion si vari&#233;e une essence &#233;ternelle et stable), c'est se condamner &#224; ne rien y comprendre. Il y a une grande diversit&#233; culturelle, th&#233;ologique et juridique. Les points d'accord entre tous les musulmans du monde sont au fond tr&#232;s peu nombreux : croire qu'il n'y a qu'un Dieu, que Mahomet est son Proph&#232;te, que le Coran t&#233;moigne d'une mani&#232;re ou d'une autre de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paroissesaintpaul-saintecroix.catholique.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Textes de r&#233;flexion, formation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelques notes sur un petit livre d'Adrien Candiard - Flammarion 2016&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Essentialiser l'islam&lt;/strong&gt; ( penser qu'il existe de cette religion si vari&#233;e une essence &#233;ternelle et stable), &lt;strong&gt;c'est se condamner &#224; ne rien y comprendre&lt;/strong&gt;. Il y a une grande diversit&#233; culturelle, th&#233;ologique et juridique. Les points d'accord entre tous les musulmans du monde sont au fond tr&#232;s peu nombreux : croire qu'il n'y a qu'un Dieu, que Mahomet est son Proph&#232;te, que le &lt;i&gt;Coran&lt;/i&gt; t&#233;moigne d'une mani&#232;re ou d'une autre de la volont&#233; de Dieu pour les hommes, qu'un Jugement divin nous attend au dernier jour. Ajoutez la croyance aux anges, et c'est &#224; peu pr&#232;s tout ! Devant la grande diversit&#233; dans l'islam, on r&#233;torquera qu'il y a, tout de m&#234;me, un islam un peu objectif : celui du Coran. Mais c'est un texte &#224; peu pr&#232;s incompr&#233;hensible. Certains de ses versets sont tr&#232;s clairs, c'est vrai ; mais le livre lui-m&#234;me est extr&#234;mement difficile. M&#234;me lu en traduction, c'est-&#224;-dire apr&#232;s un choix d'interpr&#233;tation qui le rend bien plus accessible, le texte reste myst&#233;rieux. On ne peut pas tout lui faire dire, mais il a le dos large ! Et surtout, il ne parle pas tout seul. &lt;strong&gt;Tout texte appelle n&#233;cessairement une interpr&#233;tation, et ceux-l&#224; m&#234;mes qui en nient la n&#233;cessit&#233;, qui pr&#233;tendent pratiquer le litt&#233;ralisme le plus rigoureux, proposent en fait eux aussi une m&#233;thode de lecture et d'interpr&#233;tation &#8211; le litt&#233;ralisme , pr&#233;cis&#233;ment&lt;/strong&gt;. Le Coran n'est pas un texte violent, mais il offre une certaine disponibilit&#233; &#224; un usage violent. Wagner n'&#233;tait pas nazi, Nietzsche n'&#233;tait pas nazi, mais ils ont pu &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;s par le nazisme ; non parce qu'ils &#233;taient nazis, mais parce qu'ils &#233;taient r&#233;cup&#233;rables par le nazisme. &lt;strong&gt;Dans la th&#233;ologie musulmane la plus courante, le Coran est la Parole m&#234;me de Dieu, &#233;ternelle, sans changement, sans auteur humain &lt;/strong&gt; (contrairement &#224; la th&#233;orie chr&#233;tienne de &lt;i&gt;l'inspiration biblique&lt;/i&gt;, qui suppose l'intervention d'auteurs humains). Comment peut-on supporter que cette parole soit ambigu&#235; ? On peine &#224; comprendre que les musulmans l'acceptent, sans doute parce qu'on se fait une fausse id&#233;e de l'usage du Coran. En fait, si le sens de ses versets est &#233;videmment important, il est bien davantage qu'un texte communiquant un contenu. &lt;strong&gt;S'il est pr&#233;sent partout, ce n'est pas parce qu'on cherche &#224; comprendre son sens, c'est parce qu'il est la pr&#233;sence divine m&#234;me, dans sa r&#233;citation&lt;/strong&gt;. Les chr&#233;tiens lisent la Bible comme de la prose, les musulmans lisent le Coran comme de la po&#233;sie : faire entendre ces sons sacr&#233;s est un acte religieux, comparable peut-&#234;tre &#224; l'adoration du Saint-Sacrement chez les catholiques. Par ailleurs, on dit que l'islam, c'est le Coran ; mais dans la pratique, l'islam, c'est surtout le &lt;i&gt;hadith &lt;/i&gt; (anecdotes ou propos rapport&#233;s du Proph&#232;te, sur tous les sujets).&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Il n'y a donc pas une essence de l'islam. Il faut toujours parler des islams&lt;/strong&gt;. Mais en rester l&#224; serait un peu trop facile ! Si la premi&#232;re erreur est de croire que l'islam existe, la seconde est bien de croire qu'il n'existe pas. Certains nous assurent que les actes terroristes ne seraient que l'effet de la mis&#232;re sociale, des politiques n&#233;o-imp&#233;rialistes de l'Occident, du pass&#233; colonial, mais que c'est &#233;videmment sans lien avec l'islam ! l' &#171; &#201;tat islamique &#187; n'aurait rien &#224; voir avec l'islam ! &lt;strong&gt;Plus commode, et m&#234;me quasi g&#233;n&#233;rale dans le monde m&#233;diatique, est la distinction entre &#171; &lt;i&gt; islam &lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;islamisme&lt;/i&gt; &#187;. L'&lt;i&gt;islam &lt;/i&gt; est alors pr&#233;sent&#233; comme la religion l&#233;gitime, pacifique, tol&#233;rante et qui m&#233;rite le respect de tous ; &lt;i&gt;l'islamisme&lt;/i&gt;, &#224; l'inverse, serait une imposture&lt;/strong&gt;. Cette distinction n'est pas sans valeur dans la mesure o&#249; elle vise &#224; &#233;viter les amalgames et &#224; &#233;pargner &#224; la grande majorit&#233; des musulmans, tout &#224; fait innocents des attentats terroristes, d'avoir &#224; en porter l'opprobre aux yeux du reste du monde. &lt;strong&gt;L'islamisme, cependant, est une r&#233;alit&#233; construite par des chercheurs occidentaux &lt;/strong&gt; voulant rendre compte de certaines radicalit&#233;s modernes de la religion musulmane, d'abord souvent d&#233;sign&#233;es par des termes emprunt&#233;s au catholicisme (&#171; int&#233;grisme &#187;) ou au protestantisme (&#171; fondamentalisme &#187;). &lt;strong&gt;L'islamisme, au sens pr&#233;cis, est un des visages que prend l'islam d'aujourd'hui.&lt;/strong&gt; Mais dans son usage m&#233;diatique, il est un vaste fourre-tout o&#249; se concentre tout ce qui nous para&#238;t inacceptable dans l'islam. La diversit&#233; dans l'islam est r&#233;elle, mais dans la conscience des musulmans, l'islam, c'est quelque chose ! Ils ont le sentiment d'appartenir &#224; un mouvement unifi&#233;. Cette aspiration &#224; l'unit&#233; projette sur la communaut&#233; des croyants le dogme fondamental de l'islam : le&lt;i&gt; tawdid&lt;/i&gt;, l'unicit&#233; divine. La m&#234;me r&#233;v&#233;lation, le m&#234;me origine, des croyances et des pratiques communes (le p&#232;lerinage &#224; la Mecque) : &lt;strong&gt;la religion musulmane n'est pas une vue de l'esprit&lt;/strong&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le monde contemporain, l'islam se d&#233;chire parce que l'&lt;/strong&gt;opposition classique entre &lt;i&gt;sunnites&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;chiites&lt;/i&gt; a pris un tour dramatique ; qui plus est, l'islam sunnite explose parce qu'il se d&#233;chire entre au moins deux d&#233;finitions concurrentes de ce que signifie &#234;tre musulman. Cette deuxi&#232;me opposition nous est souvent opaque parce que nous n'avons pas n&#233;cessairement le bon cadre de lecture des &#233;v&#233;nements. Nous sommes marqu&#233;s par un sch&#233;ma d'explication tr&#232;s europ&#233;en, celui &lt;i&gt;des Lumi&#232;res,&lt;/i&gt; selon lequel nous assisterions &#224; un conflit entre traditionalistes r&#233;trogrades et modernisateurs. Mais en fait, le probl&#232;me est ailleurs : &lt;strong&gt;il s'agit plut&#244;t d'une opposition entre l'islam sunnite traditionnel et le salafisme&lt;/strong&gt;. Dans l'islam classique, la diversit&#233; est un &#233;l&#233;ment essentiel : par exemple, quatre versions de &lt;i&gt;la charia&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire quatre lectures l&#233;gitimes de la Loi. Il a su &#233;galement accepter la diversit&#233; th&#233;ologique. Cette diversit&#233; est encore spirituelle. L'apparition des grands mystiques, au IX&#176; si&#232;cle, a &#233;t&#233; douloureuse. Mais l&#224; encore, l&lt;i&gt;e soufisme&lt;/i&gt;, terme g&#233;n&#233;ral qui d&#233;signe les formes spirituelles de l'islam, a progressivement gagn&#233; sa l&#233;gitimit&#233;, tant dans une approche savante que sous des formes plus populaires. &lt;strong&gt;Quand on essaie de d&#233;montrer que l'islam est pacifique et tol&#233;rant, c'est en g&#233;n&#233;ral &#224; cet islam classique et imp&#233;rial qu'on se r&#233;f&#232;re&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;En contrepoint est apparu &lt;strong&gt;le salafisme &lt;/strong&gt; &#224; la fin du XIX&#176; si&#232;cle chez des penseurs qui voulaient moderniser l'islam. &lt;i&gt;Les salaf&lt;/i&gt;, ce sont les pieux anciens des premi&#232;res g&#233;n&#233;rations. La mobilisation du jihad contre les Sovi&#233;tiques en Afghanistan, qui a rassembl&#233; des musulmans du monde entier sous une banni&#232;re s&#233;oudienne, a permis au salafisme, petite secte n&#233;e au fond du d&#233;sert, de se r&#233;pandre. Ce n'est pas un mouvement conservateur ou traditionnel ; il refuse la tradition au nom d'un rapport direct &#224; l'origine ; il cherche &#224; dynamiser l'h&#233;ritage au nom d'un pass&#233; fantasm&#233;. Cet islam-l&#224; ne s'embarrasse pas de culture ; il est religieux , et r&#234;ve que toute la vie des individus soit r&#233;gl&#233;e par des pr&#233;ceptes religieux. &lt;strong&gt;Cet islam total a un probl&#232;me, on s'en doute, avec la diversit&#233;.&lt;/strong&gt; La Loi divine doit &#234;tre univoque. Elle repose sur un pr&#233;suppos&#233; litt&#233;raliste : il suffit d'ouvrir le Coran pour le comprendre. Les plus litt&#233;ralistes de l'islam classique n'allaient pas jusque-l&#224;. Ce litt&#233;ralisme est une illusion grave, qui laisse croire qu'un texte du VII&#176; si&#232;cle &#233;crit en Arabie est imm&#233;diatement compr&#233;hensible par un musulman fran&#231;ais du XXI&#176; si&#232;cle, sans place pour le raisonnement, la hi&#233;rarchisation, l'&#233;laboration intellectuelle. Ennemi d&#233;clar&#233; de la pluralit&#233; des interpr&#233;tations (pratiqu&#233;e dans l'islam traditionnel), le salafisme est aussi tr&#232;s hostile &#224; un grand nombre de pratiques li&#233;es au soufisme, qui dans beaucoup de pays constituent la trame m&#234;me de la religiosit&#233; populaire. &lt;strong&gt;Le salafiste entretient un rapport complexe &#224; la violence et &#224; la politique. Il est sectaire, consid&#233;rant que ce qui n'est pas salafiste se place hors de l'islam. Mais il serait faux d'en conclure qu'il est toujours violent. La majorit&#233; des salafistes se d&#233;sint&#233;resse de la politique et pr&#244;ne la soumission aux autorit&#233;s&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Pourtant, le &lt;i&gt;jihadisme&lt;/i&gt; contemporain vient toujours du salafisme, m&#234;me si la grande majorit&#233; des salafistes est absolument pacifique&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;L'islam a plusieurs visages, et le salafisme&lt;/strong&gt;, que cela nous plaise ou non,&lt;strong&gt; est aussi l'un d'eux&lt;/strong&gt;. Rien ne permet de l'exclure de cet islam dont il se r&#233;clame. &lt;strong&gt;Je me garde d'identifier l'islam imp&#233;rial &#224; l'islam tout court et de voir dans le salafisme une forme de d&#233;viance par rapport &#224; cette norme : ce sont simplement deux mani&#232;res parmi d'autres de comprendre la r&#233;alit&#233; multiforme de l'islam. Le salafisme n'est pas, ou au moins pas seulement, et m&#234;me pas d'abord, ce qu'on appelle couramment &lt;i&gt;l'islamisme}}}. Les mouvements d'islam politique (comme, par exemple, les Fr&#232;res musulmans), qui sont &#171; islamistes &#187; au sens strict, ne sont pas tout a fait sans lien avec le salafisme. N&#233;anmoins, il reste important de bien les distinguer. Ainsi, les suites des fameux &#171; printemps arabes &#187; de 2011 ont vu souvent s'affronter islamistes et salafistes, au point qu'en &#201;gypte, ces derniers ont soutenu activement, avec leur puissant parrain s&#233;oudien, la prise de pouvoir de l'arm&#233;e contre un pr&#233;sident issu des&lt;i&gt; Fr&#232;res musulmans&lt;/i&gt; &#224; l'&#233;t&#233; 2013. &lt;i&gt;Ces Fr&#232;res musulmans&lt;/i&gt; n'ont rien d'enfants de ch&#339;ur, et il ne s'agit pas non plus d'exon&#233;rer l'Iran post-r&#233;volutionnaire de tout recours &#224; la violence. Mais force est de constater que &lt;strong&gt;les mouvements jihadistes terroristes ne sont jamais issus de la matrice islamiste ; toutes les d&#233;rives terroristes naissent, en revanche, de l'id&#233;ologie salafiste&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Pour certains, il y aurait urgence que les savants musulmans favorisent l'&#233;tude &lt;i&gt;historico-critique&lt;/i&gt; du Coran. Cette exigence n'est pas r&#233;aliste. Les chr&#233;tiens ont pu accepter le questionnement scientifique sur la Bible, parce qu'il ne remettait pas en question leur conception traditionnelle de &lt;i&gt;l'inspiration&lt;/i&gt; : Dieu s'adresse &#224; l'homme &#224; travers des auteurs humains. La conception musulmane de la r&#233;v&#233;lation est diff&#233;rente. Demander aux musulmans d'y renoncer, de relativiser la r&#233;v&#233;lation coranique, c'est leur demander de renoncer &#224; un dogme fondamental. Cela reviendrait &#224; demander aux chr&#233;tiens de renoncer &#224; la r&#233;surrection du Christ. Une telle exigence n'est pas seulement impossible ; elle est encore inutile. Car la conception de la r&#233;v&#233;lation dans l'islam, si elle ne favorise effectivement pas les &#233;tudes historiques sur l'origine du Coran, n'interdit nullement l'interpr&#233;tation du texte sacr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, nous sommes les enfants &lt;i&gt;des Lumi&#232;res&lt;/i&gt; et notre histoire nous am&#232;ne &#224; associer raison et tol&#233;rance d'un c&#244;t&#233;, refus de la raison et fanatisme de l'autre. Or la culture islamique a v&#233;cu une autre histoire ; le rationalisme y a laiss&#233; de mauvais souvenirs : au d&#233;but du VIII&#176; si&#232;cle, le courant du &lt;i&gt;mu'tazilisme&lt;/i&gt; s'est efforc&#233; au nom de la raison de corriger la tradition musulmane. Ces mu'tazilites ont les faveurs des Occidentaux ; mais de fait, le pouvoir califal chercha a imposer par la force l'approche mu'tazilites &#224; tous les musulmans. Dans la m&#233;moire musulmane, l'intol&#233;rance et la violence ne sont pas associ&#233;s &#224; l'obscurantisme traditionaliste, mais au rationalisme &#224; pr&#233;tention&lt;br class='autobr' /&gt;
universelle !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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