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Pèlerins d’espérance

24 janvier 2025, par Jean-Louis Cathala

Epiphanie 25 Mt 2, 1-12 avec nos frères malgaches St Paul Mpl

« Pèlerins de l’espérance ! » C’est le thème proposé par le pape François en cette année jubilaire 2025. Mais comment garder un cœur confiant ouvert aux autres et à l’espérance en l’avenir dans un monde qui va très très mal et dans un beau pays, notre pays de naissance ou d’adoption, qui ne va pas bien ?

Redisons-le : Dieu est amour et notre monde est bon. Il est sauvé en espérance – Paul nous l’enseigne – par la mort et la résurrection du Christ. Et « il nous faut regarder ce qu’il y a de beau », chantait Brel, et nous réjouir de chaque geste de bonté et de chaque balbutiement de vérité, d’où qu’ils viennent.

Seulement voilà ! Nous ne pouvons que relever avec peine les douleurs de l’enfantement de l’avènement du Royaume des cieux et toutes les misères et les manques d’amour :

Le futur de notre planète semble bouché ; les bouleversements climatiques vont entraîner de plus en plus de catastrophes, la souffrance et l’exil. Et presque partout, le pouvoir de l’argent et la corruption – à Madagascar et ailleurs, c’est un sport national - et dans beaucoup de pays, la dictature et les horreurs indicibles des conflits armés dans ce qui est une « troisième guerre mondiale par morceaux » (Pape François). 

En France, un surendettement gravissime, des services publics sinistrés, de plus en plus de gens à la rue, une violence croissante liée au trafic de drogue et au manque de respect, l’oubli du vrai Dieu, le déni de notre propre culture, l’invasion d’une religion totalitaire, l’idolâtrie de la consommation bienheureuse ; et pour finir, une classe politique un peu pitoyable et même dangereuse. 

Comment, dès lors, devenir pèlerins de l’espérance ? Nous nous sentons bien démunis et nous avançons dans la nuit. Notre récit évangélique de l’Épiphanie du Seigneur a-t-il quelque chose à nous murmurer en cette longue nuit de l’humanité ? Oui, car ce texte nous tourne vers la confiance en l’avenir et vers les autres :

Dans le Nouveau Testament, Le terme Épiphanie, que l’on peut traduire par « apparition » ou « manifestation », concerne toujours la venue glorieuse et définitive du Seigneur qui transfigurera – c’est notre foi - toutes les misères de notre monde, et qui vient déjà nous aider, chacune et chacun à notre niveau, à leur opposer l’amour que nous inspire l’Évangile. Nous regrettons bien souvent le passé, quoi de plus humain, mais l’Esprit du Seigneur nous appelle à nous convertir – à changer de cap - en entrant malgré tout dans l’espérance. Notre Dieu est le Maître de l’Histoire et le Dieu de l’avenir ! L’étoile de Noël, c’est le Ressuscité que nous attendons, l’Étoile radieuse du matin du Livre de l’Apocalypse (chapitre 22, verset 16).

L’Épiphanie nous conduit aussi à nous tourner vers les autres, à ne pas rester centrés sur nous-mêmes, consternés par toutes les mauvaises nouvelles. Israël avait le sens de l’universalité, mais celle-ci était autocentrée sur Jérusalem : toutes les nations étaient appelées à se rassembler dans la ville sainte ; il y a de cela dans notre récit de ce matin ; mais la pointe du texte, c’est que les mages venus d’Orient repartent par un autre chemin, convertis en apôtres, transformés en pèlerins de l’espérance. L’universalité selon l’Évangile, c’est celle de Pentecôte, qui va vers les autres, tous les autres, pour les aimer et leur annoncer humblement notre espérance.