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Le temps de l’eucharistie
3 mars 2024, par
Homélie du 03 mars 2024 - Saint-Thomas
Voici ce que le Christ dit à Zachée dans l’Évangile selon Luc « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison » (chapitre 19, verset 9). Et voici l’anamnèse chantée au beau milieu de la Messe : « Nous annonçons ta mort, Seigneur Jésus, nous proclamons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ».
Je voudrais rebondir sur le partage de dimanche dernier avec Martine Siffert sur la question du « temps » ou tout au moins saisir l’occasion pour en parler en relation avec le Repas du Seigneur :
Lorsque nous sommes rassemblés pour l’eucharistie, nous célébrons un Dieu qui nous aime et nous libère au cœur du temps qui passe (chronos) et de l’histoire du monde et qui vient par son Esprit les transfigurer en temps favorable (kairos) et en histoire du salut.
Dans les Écritures, ce que le peuple expérimente et proclame au présent, c’est un rappel et une annonce des événements fondateurs – la sortie d’Égypte, la sortie de Jésus du tombeau – et simultanément, c’est une attente, un appel et une anticipation de l’avenir. Nous vivons ainsi dans un perpétuel aujourd’hui du salut qui nous rend présents à la fois au passé et à l’horizon de l’humanité. Selon la Bible, la grande histoire se cherche et se déroule comme accomplissement, non d’un programme écrit d’avance, mais d’une promesse. Le Repas du Seigneur est ainsi un mémorial, une actualisation du passé, mais aussi de l’avenir ; tout est récapitulé ! L’anamnèse (un « souviens-toi » qui n’est pas une simple « commémoration ») manifeste ce moment favorable ; à la messe, nous communions à l’Événement de notre salut. Dieu ne cesse de venir jusqu’à l’achèvement des temps et la venue en gloire du Fils de l’homme.
Beaucoup se diront : « Tout cela, c’est bien mignon, mais c’est de la théologie compliquée » En fait, c’est du quotidien ; notre vie concrète doit devenir eucharistie : vivre avec bonheur l’aujourd’hui, sans nostalgie et sans peur de l’avenir, parce que Jésus a vaincu la mort et que le salut tient le bon bout malgré toutes les larmes qui ne sont pas encore effacées. La messe nous donne de goûter l’éternité au présent !
Paroisse Saint-Paul et Sainte-Croix