Paroisse Saint-Paul et Sainte-Croix

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Diocèse de Montpellier

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Texte Moingt 34… : Le Dieu de la religion et de la philosophie

16 septembre 2021, par Jean-Louis Cathala

Entre les deux idées de Dieu qui en constituent (…) le « bien-connu », provenant, l’une de la religion, l’autre de la philosophie, qu’y a-t-il de commun ? Elles sont, selon tout apparence, fort différentes : la première tient au sentiment et à la croyance et tire sa force de la coutume et de la société, la seconde vient du raisonnement et s’impose par l’étude et l’enseignement, celle-ci est faite d’abstractions, celle-là de rites et de pratiques, l’une tend à l’adoration, de préférence sous la forme d’un culte public, l’autre à la contemplation intellectuelle et solitaire. Mais il y a de commun aux deux une intuition de l’excellence de la divinité, de sa supériorité absolue, de sa transcendance, qui la situe infiniment à l’écart et au-dessus de toutes choses et de tout conditionnement et qui finit par écraser l’homme et l’enfermer dans son néant. Là encore, la différence joue : la divinité de la croyance religieuse se fait connaître du dehors par sa majesté et sa domination (…) tandis que la divinité de la raison philosophique est connue par ses seules perfections internes, y trouve toute béatitude sans avoir à sortir de soi et se tient insensible à tout ce qui n’est pas elle (…) Par une voie ou une autre, un temps vient où l’homme se lasse de cette dépendance et abandonne Dieu à son autosuffisance (…) Quand la piété religieuse se fixe avec prédilection sur Dieu le Père tout-puissant considéré à part de l’homme Jésus ou sur la divinité de Jésus conçue à part de son historicité humaine et quand la pensée spéculative se fixe sur l’être de Dieu en son éternité extramondaine, dès que le lien de Dieu au Christ et du Christ à l’histoire est coupé ou simplement relâché, dans la mesure où le croyant méconnaît que Dieu est affecté dans son être même par ce qui arrive à Jésus, alors la foi s’écarte de la révélation de Dieu en Jésus, et l’idée du Dieu commun se substitue à la spécificité du Dieu chrétien. Cette perte d’identité s’avère mortelle pour la foi chrétienne.