Paroisse Saint-Paul et Sainte-Croix

Quartiers de Celleneuve et la Paillade

Diocèse de Montpellier

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Vous qui écrasez le pauvre (Amos 8, 4-7)

25 septembre 2019, par Jean-Louis Cathala

« Écoutez ceci, vous qui écrasez le pauvre  ! » (Amos, chapitre 8, verset 4). Rien de bien nouveau sous le soleil depuis le VIII° siècle avant J.C : Amos, issu d’un village de rien du tout, pris par YHWH de derrière son troupeau, fustige les embrouilles et les magouilles. Aujourd’hui, c’est bien pire et à grande échelle, avec un raffinement inégalé ; jamais le monde n’a été si injuste et si cruel pour les « humbles du pays » chassés de leur terre en Amazonie et dans bien d’autres régions du monde pour laisser la place aux potentats de l’agro-business. Tout est bon pour vendre et ceux qui refusent de se laisser acheter sont éliminés politiquement et aussi bien souvent physiquement. Même le bon pape François est menacé par ceux qui ne reculent devant aucun mensonge ni aucun stratagème pour faire davantage de profit. Dans les évangiles, une seule idole est dénoncée : « Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent ». Et Amos, le petit prophète de malheur amateur, a bien raison de condamner au nom de YHWH la corruption et les fausses assurances données par une religion officielle et superficielle. C’est dans sa bouche qu’apparaît pour la première fois le « Jour du Seigneur  » (chapitre 5, verset 18). Dieu va intervenir dans l’histoire, car les humiliés n’en peuvent plus. Et, croyez-moi, pour Amos, cela va barder ! C’est à prendre ou à laisser, il faut nous convertir.

Vous pensez peut-être que ces propos un peu forts ne sont pas un discours très pastoral pour une messe de rentrée ! C’est le charme du calendrier liturgique de nous donner des textes que nous ne choisissons pas. Avec Amos, nous ne sommes pas si mal tombés ! Car au fond, ce qui importe pour nous, à l’échelle de notre petite communauté, c’est que nous choisissions de coller à la Bonne Nouvelle d’un Dieu toujours du côté des humbles et des exploités. Que notre paroisse sente bon l’Évangile malgré nos limites, notre manque de jeunesse et bien souvent nos manques de vie fraternelle. Que nous ayons de plus en plus le souci des plus fragiles de notre société et que nous portions toutes ces vies dans le silence de la prière et de l’eucharistie. Voilà le cœur de notre mission ! Alors, à toutes et à tous, courage et paix pour cette nouvelle année ensemble à Celleneuve et La Paillade ! C’est là que le Seigneur nous a plantés et c’est là qu’il nous attend.

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