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Nous sommes unité Jn 10, 27-30

14 mai 2019, par Jean-Louis Cathala Version imprimable de cet article Version imprimable

Aujourd’hui, nous allons faire un petit peu de théologie ! (pour les jeunes de la profession de foi, pas de souci pour comprendre, mais pour les parents, attention au départ !) Je vous lis le verset qui suit notre page de l’Évangile selon Jean  : ils « prirent de nouveau des pierres pour le lapider » (chapitre 10, verset 31). Jésus vient de choquer ses interlocuteurs. Relisons le verset précédent : « Moi et le Père, nous sommes un » (Verset 30). Dieu le Père et Jésus sont « unité », pourrait-on traduire. Cette unité, c’est le désir commun de prendre les brebis dans la vie éternelle (Verset 28). De même qu’elles ne sauraient être arrachées « de la main du Père » (Verset 29), c’est-à-dire de la puissance de son amour, elles ne sauraient être, non plus, arrachées de la main de Jésus (Verset 28). Ils sont un main dans la main pour que nous ayons la vie en abondance ! (Verset 10) Car le Père a tout donné au Fils et lui donne d’agir comme lui. Cette unité est d’abord une unité d’action, celle d’un Dieu Pasteur de son Peuple, bien connu des Prophètes, et d’un « Bon pasteur » (Versets 11 et 14), le Christ, celui qui connaît ses brebis et « dépose » sa vie pour elles (Verset 15).

Pendant longtemps, dans nos pays, quand l’institution ecclésiale faisait sentir son pouvoir sur la société - et souvent pour justifier ce pouvoir - nous avons fait du Christ un Dieu Tout-puissant ; c’était une unité sans distance ; une unité où le Fils avait presque pris la place de son Père. Aujourd’hui, dans un contexte différent, sécularisé et mondialisé, où toute formulation absolue est considérée par l’air du temps comme déplacée, la tendance serait plutôt inverse : Faire du Christ un monsieur-tout-le-monde à notre ressemblance. Certes, il est vraiment notre Frère, pleinement un homme au milieu des humains ; mais il n’est pas seulement un sage parmi tous les sages des religions ; pas seulement un grand prophète ; pas seulement un maître de la Torah parmi tous les maîtres de la Torah. Le Ressuscité est vraiment un avec le Père ! Si nous allons voir les derniers versets de ce chapitre dix de l’Evangile selon Jean, nous comprenons alors que cette unité signifie que le Père est dans le Fils et que le Fils est dans le Père (Verset 38). Après ces paroles, d’ailleurs, les adversaires cherchent « de nouveau à le saisir » (Verset 39). Et à la lumière du reproche de blasphème : « Toi, étant humain, tu te fais Dieu » (Verset 33), nous percevons aussi le sens ultime de l’expression « Fils de Dieu » : (Verset 36) pas simplement un titre messianique, mais une façon d’affirmer déjà ce que l’on appellera plus tard la « divinité » du Christ. Vous voyez, notre Evangile de ce dimanche, sans en avoir l’air, nous ouvre à toute la profondeur de la foi dans le Christ, qui n’est pas une invention des Conciles du IVième siècle ! N’ayons pas peur de professer cette foi des Apôtres, notre foi, certes avec respect et douceur, mais aussi avec joie et conviction ! Et avec une espérance immense pour ce monde que Dieu a tant aimé.

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