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Diocèse de Montpellier

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Le Premier et le dernier (Ap 1, 9-19)

29 avril 2019, par Jean-Louis Cathala Version imprimable de cet article Version imprimable

Pour l’Apocalypse de Jean, le Christ est celui qui détient la clef de la mort et de l’Hadès (chapitre 1, verset 18). L’Hadès est le séjour des morts, le Shéol de la Bible hébraïque. Autrement dit, Jésus a le pouvoir de nous faire sortir du bain de sang et de toute mort. Si nous y croyons, nous entrevoyons que ceux qui font exploser des bombes dans une église le jour de Pâques sont à leurs dépends les horribles témoins de notre foi ; celles et ceux qu’ils pensaient envoyer au néant laissent derrière eux beaucoup de larmes, mais en vérité, ils sont dans la joie qui ne finit pas.

Les évangiles nous ont donné de croiser Jésus qui est passé en faisant le bien ; ils nous ont donné d’assister à sa mort d’esclave comme ultime geste d’amour et d’entendre la foi de ceux qui l’ont vu après sa résurrection. Désormais, tout au bout des Écritures, l’Apocalypse de Jean nous le dépeint dans toute sa lumière ; il est bien ce Fils de l’homme qu’il avait tant de fois obscurément évoqué. Dans ce genre de littérature, on n’a peur ni de la splendeur des mots ni du caractère terrifiant des images pour chanter l’espérance dans un langage confidentiel (que les Romains du Ier siècle ne pouvaient comprendre). Au cours des persécutions, alors que l’Empereur Domitien est presque divinisé, l’Apocalypse invite à la confiance et proclame que le Ressuscité est le Maître de l’histoire : « Sois sans crainte. Je suis le Premier et le Dernier, je suis le Vivant ; j’étais mort, mais me voici vivant pour les siècles des siècles » (versets 17 et 18). Par sa résurrection, Jésus est élevé à la droite de son Dieu et Père et reçoit les mêmes titres que Lui : Premier et Dernier, Alpha et Omega, première et dernière lettre de l’alphabet grec (verset 8 ; chapitre 21, verset 6 ; chapitre 22, verset 13). Dans la tradition juive, Dieu est le commencement et la fin, puisqu’Il est à la fois le Créateur et Celui qui vient tout accomplir. Pour l’Apocalypse de Jean, à la suite du Livre de Daniel, le Fils de l’Homme est associé à Dieu.

Les titres divins attribués au rejeton de David sont inséparables de son expérience de la Croix. C’est en tant que Premier-né d’entre les morts que Jésus est le Premier, le Prince des rois de la terre (verset 5). Dans l’Apocalypse, l’Agneau est immolé, mais il est debout (chapitre 5, verset 6) comme le Fils de l’homme contemplé par Étienne dans les Actes des Apôtres (chapitre 7, verset 55). Ainsi, toute mort innocente et violente est associée à l’Exaltation de l’Agneau ! Pour ceux qui restent, c’est une horreur. Mais ceux qui partent sont pris en un éclair dans la vie de celui qui a vaincu la mort. C’est notre espérance !

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