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Qui nous roulera la pierre ? (Mc 16, 1-8) Pâques 2019

21 avril 2019, par Jean-Louis Cathala Version imprimable de cet article Version imprimable

La foi en la Résurrection est source de confusions et de malentendus parce que nous avons du mal à nous imaginer la renaissance corporelle d’une personne dont la dépouille se décompose et redevient poussière. En fait, nous nous focalisons sur le comment de la résurrection, alors que l’essentiel est de consentir au don de la foi qui nous permet d’expérimenter déjà en notre chair ce que cela fait de vivre en ressuscités, ici et maintenant. La foi n’est pas absurde ; elle n’est pas irrationnelle. Pourtant, par définition, elle n’est pas évidente ! Dans les ouvrages apostoliques, nous écoutons le cri le plus ancien de la Joyeuse Nouvelle : « Je vous ai transmis en premier lieu ce que j’avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Ecritures…qu’il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures » (1ère Epître aux corinthiens, chapitre 15, versets 3 et 4 ). Nous y rencontrons aussi la tonalité moins assurée de notre page de ce matin, au chapitre 16 de Marc, le seul récit des femmes au tombeau qui commence par une vraie question  : « Qui nous roulera la pierre ? » (Verset 1) et qui se termine en demi-teinte, soulignant le trouble de ces femmes, qui « ne dirent rien à personne » (verset 8). Entrons dans ce récit pour y guetter le jaillissement fragile de la Résurrection selon les Écritures  : Marc est le seul à préciser que ce matin-là, la pierre « était très grande » (Verset 4). Ce n’est pas innocent ! Dans le Livre de la Genèse, nous lisons au chapitre 29 la merveilleuse rencontre de Jacob et Rachel auprès d’un puits. Une histoire autour d’un puits est souvent l’annonce d’un mariage, d’une alliance, d’un grand bonheur (Exode, chapitre 2, versets 16 à 22 ). Dans la Genèse, le texte souligne aussi que la pierre était « grande » (chapitre 49, verset 2). Et lorsque Jacob voit arriver Rachel, il tombe amoureux. Et cela le rend tellement fort qu’il arrive à déplacer à lui seul cette grande pierre sur le puits, habituellement maniée par plusieurs hommes (verset 10).

Qui nous roulera la pierre ? Qui nous ouvrira la porte d’une vie en abondance plus forte que le désespoir, que le chômage, que la maladie, que l’injustice ; plus forte que la mort ? Au premier jour de la semaine, ces femmes en deuil sont en fait conviées à l’annonce d’un grand bonheur, d’une Alliance nouvelle et éternelle ! Au plus profond de la nuit, celui qui a roulé la pierre, débordant d’amour pour l’humanité tout entière, c’est le Messie, « plus grand que notre père Jacob » (Jean, chapitre 14, verset 12). Il est l’Epoux véritable, qui par son Elévation de la mort relève la Maison d’Israël et toute chair  ! Et pour nous, désormais, malgré la douleur de nos séparations, le tombeau n’est plus un tombeau, mais un puits dans le désert où l’eau peut devenir en nous « source jaillissante en vie éternelle » (verset 14 ). Christ est ressuscité ! Il a roulé la pierre. Il a roulé la mort !

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