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Au milieu (Jn 8, 1-11)

10 avril 2019, par Jean-Louis Cathala Version imprimable de cet article Version imprimable

Ce récit de la femme adultère au chapitre 8 de l’Evangile selon Jean nous parle de la manière d’agir du Christ. Au départ, les scribes et les pharisiens surgissent bien unis et bien décidés. Selon le Livre du Deutéronome, c’est en effet « sur les déclarations de deux ou trois témoins » qu’une personne peut être condamnée (Deutéronome, chapitre 17, verset 6). Mais au bout du compte, ils s’en vont « l’ un après l’autre » (Jean, chapitre 8, verset 9). Jésus a décomposé leur accusation ! Il démonte la trop belle assurance de ceux qui ne sont forts que par le nombre et la puissance du groupe. Méfions-nous de la pensée unique. Soyons des femmes et des hommes libres dans le Christ !

Au verset 3, les accusateurs placent la femme « au milieu ». J’y vois une allusion à une injonction de la Torah : « Tu ôteras le mal du milieu de toi ». Le sens de la sévérité de la Bible vis-à-vis des personnes qui commettent l’adultère, c’est de chasser le mal qui se trouve au milieu du peuple, qui est un peuple saint. Et c’est bien ce que Jésus va faire, mais à sa manière ! Il respecte la Loi de Moïse ; pour lui, le mal reste le mal. Mais celui qu’il évacue du milieu du peuple saint, c’est d’abord cette hypocrisie qui me fait exclure les autres en croyant que je suis quelqu’un de bien. Et puis, Jésus chasse aussi le mal en manifestant la tendresse de son Père. Aujourd’hui encore, il nous donne toujours une autre chance ! Dans notre texte, le respect de la Loi sera sauf : « Va, et désormais ne pèche plus » (verset 11). Mais la pierre ne sera pas jetée !

A la fin du récit, quand les accusateurs sont repartis, il est répété que la femme se trouve « au milieu ». Mais ce n’est plus le même ! Ce n’est plus le milieu où l’on est enfermé par le regard des autres, mais celui où l’on se découvre considéré avec respect, aimé tel que l’on est ; c’est le milieu d’où l’on devient capable de se relever, de repartir, de changer de vie.

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