Paroisse Saint-Paul et Sainte-Croix

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Diocèse de Montpellier

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Tu n’as qu’à vouloir ?

1er août 2026, par Jean-Louis Cathala

Sagesse 12 16° A. 19/07/2026 St Paul Mpl

Dans les Écritures, la « sagesse » est le propre de Dieu. Elle est source de toute connaissance, et Dieu nous fait participer à sa propre sagesse. Elle est la présence-même du Seigneur au milieu de son peuple.

Laissons, si vous le voulez bien, résonner le verset 18 de notre Lecture du chapitre 12 du Livre de la Sagesse ; l’auteur s’adresse à Dieu « Tu n’as qu’à vouloir, et ta puissance est là ». « Si tu veux, tu peux… » Vraiment ? Dieu est-il « tout-puissant », comme l’affirment souvent les oraisons de la messe ? Question ancienne et douloureuse ; qui d’entre nous n’y a pas été confronté ? On supplie le Seigneur pour les malades et pour les peuples en détresse, et rien ne semble changer. Et les gens souffrent et meurent malgré toutes nos prières. Réfléchissant sur un drame indicible du siècle dernier et sur l’apparente non-intervention de Dieu, un philosophe a écrit à peu près ceci : « soit Dieu est tout-puissant et il n’est pas bon ; soit il est bon, mais il n’est pas tout-puissant… » (Hans Jonas – Dieu après Auschwitz).

Doit-on choisir ? Pas si sûr ! Mais comment évoquer la sagesse de Dieu au milieu de toutes les misères de nos vies et de la fureur du monde ? Si notre Dieu est bien le Créateur de l’univers, une création qui se déploie d’âge en âge, et s’il a libéré à main forte son peuple de la Maison de servitude et sauvé l’humanité tout entière par la mort et la résurrection du Christ, il est difficile de nier sa toute-puissance et de l’enfermer dans une autre étiquette : celle d’un Dieu « tout-faible ». Pour la mystique juive et une certaine philosophie du XX° siècle, on affirme pourtant que par l’acte de création, Dieu, en quelque sorte, se retire d’un monde livré dès lors à l’aventure de sa propre autonomie. Il manifeste sa toute puissance en se retirant ; celui qui libère à main-forte est aussi celui qui dans la faiblesse de son amour infini respecte l’autonomie absolue de ses créatures. Cela donne à réfléchir ! Selon la vision de saint Paul dans l’Épître aux Corinthiens , le lien est assumé entre, d’une part, la puissance et la sagesse de Dieu et, d’autre part, la proclamation d’un Christ crucifié. Sur la Croix, notre Dieu se retire en plénitude de toute puissance mondaine pour nous faire entrer dans la vraie sagesse, la vraie connaissance de ce qu’il est, et nous offrir la puissance universelle d’un amour qui va jusqu’à la mort pour nous en libérer. Le Christ est Sagesse de Dieu et puissance de Dieu. Il est sa présence au cœur du monde, car il a terrassé la mort.

Bien sûr, nous le savons, nul n’est épargné par les larmes et la finitude ; mais nous avons de bonnes raisons de ne jamais désespérer.