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Texte Moingt 178… : Dieu tout en tout
25 juin 2026, par
« Puis ce sera la fin, lorsqu’il remettra la royauté à Dieu le Père, après avoir détruit toute Principauté, domination et Puissance (…) Le dernier ennemi détruit, c’est la mort (…) Et lorsque tout lui aura été soumis, alors le Fils lui-même se soumettra à celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit tout en tout (NDLR : on peut aussi traduire : « tout en tous ») (1 Co 15, 24.26.28) (…)
Pourquoi Paul insiste sur la soumission du Fils au Père ? (…) Les ariens en feront au IV° siècle l’un de leurs arguments favoris en preuve de l’infériorité de nature et de l’inégalité de puissance du Fils par rapport au Père, mais ce débat métaphysique est assurément étranger à l’esprit de Paul (…) Paul, utilisant maintenant le nom de Fils alors qu’il parlait jusqu’ici du Christ, explique cette soumission comme l’acte du Fils de « remettre sa royauté » à Dieu, geste de liberté seigneuriale qui va permettre au Père de devenir tout en tout. Si son dépouillement dans la chair et son obéissance ont valu au Fils d’être élevé par le Père au-dessus de tout ce qui existe, au ciel et sur terre (Ph 2, 8-10), il ne sera pas abaissé, maintenant qu’il vient de remporter son ultime victoire (…) La soumission du Christ (…) n’est pas le geste d’un rival évincé de la victoire qu’il vient de remporter, c’est l’acte de faire hommage au Père de cette victoire obtenue par la puissance reçue de lui, l’acte filial de lui reconnaître pour enfants, et de lui remettre « pour qu’il soit tout en tous », tous les hommes que le Père lui avait donnés et confiés pour qu’ils soient des frères et des héritiers.
Quand la soumission du Christ est ainsi comprise, la relation de Dieu aux élus n’apparaît plus comme un rapport de simple domination, mais d’intime proximité, d’amour paternel, de communion totale à tous les biens dont il est la source , rapport d’inhabitation réciproque, qui porte à sa perfection la présence de Dieu sur terre dans le temple de nos corps, conformément à la manière dont les saints ont parlé de la « vie du ciel », et les mystiques du « désir de voir Dieu » (…)
Ce qui se révèle à la fin, c’est l’achèvement de la Trinité dans l’Économie qu’elle s’était donnée de toute éternité mais qui ne pouvait s’accomplir que dans le temps, c’est l’identité de la Trinité éternelle et de la Trinité économique, et l’unité accomplie de l’une et de l’autre dans la parfaite immanence de l’une à l’autre, en toute réciprocité. Il en est ainsi parce que cette Économie est l’intégration achevée de l’humanité totale dans la propre humanité du Verbe incarné, l’Un de la Trinité.
Joseph Moingt – Dieu qui vient à l’homme – T. 2, Vol. 2 – Cerf 2008 – pp. 112-113
Paroisse Saint-Paul et Sainte-Croix