Paroisse Saint-Paul et Sainte-Croix

Quartiers de Celleneuve et la Paillade

Diocèse de Montpellier

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Nous sommes guéris

26 mai 2026, par Jean-Louis Cathala

1P 2, 20-25 4. Pâ. St Paul 26/4/2026

Jésus n’annonce jamais sa mort sans annoncer aussi sa résurrection ; les deux mystères sont inséparables. Durant ce temps pascal, nous méditons sur l’amour de celui qui a souffert pour que nous soyons guéris, pardonnés, relevés, ressuscités ! Ce matin, nous poursuivons la lecture de la Première Épître de Pierre, une encyclique avant la lettre ; pour l’auteur, c’est en gardant la joie de notre baptême que nous pouvons supporter les difficultés de nos vies en gardant nos cœurs centrés sur le Christ. Celui-ci nous a laissé un exemple afin que nous marchions sur ses traces (chapitre 2, verset 21). Ici, au chapitre 2, Pierre exhorte les domestiques à supporter leurs mauvais maîtres, et il leur présente le Seigneur en modèle. Ces versets sont tricotés d’allusions au Serviteur souffrant d’Isaïe en qui l’Église a perçu l’annonce de Jésus donnant sa vie. Pourquoi cette souffrance ? Même à la lumière de la résurrection, c’est la grande question des disciples. Voici la réponse de Pierre : « sur le bois, il a porté lui-même nos fautes dans son corps » (verset 24).

Selon l’Évangile de Marc, le Christ aurait fait le lien entre le sens de sa vie et de sa mort et la destinée du Serviteur d’Isaïe : « Le Fils de l’homme est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » (chapitre 10, verset 45). Comment interpréter ce verset ? On lui a souvent donné le sens d’une mort expiatrice ; autrement dit, Jésus aurait subi un châtiment en réparation de nos péchés. D’autres lectures sont possibles, car le thème central du texte de Marc n’est pas le sacrifice, mais le service. Ainsi, ce n’est pas une expiation qui nous sauve, mais le service universel de celui qui prend la dernière place, de celui qui en solidarité et par amour, l’amour infini de Dieu lui-même, accomplit le service de l’esclave et prend sur la croix la place de l’esclave. La mort du Christ est inséparable d’une incarnation qui vient habiter nos blessures de tous les temps, et tout désespoir, pour nous conduire à la lumière de la guérison et de la vie en abondance. Jésus est mort comme il a vécu : en partageant la destinée de tous ceux qui depuis la fondation du monde et d’âge en âge souffrent injustement, aujourd’hui encore dans notre terrible actualité. Tout est récapitulé et assumé dans la Passion universelle du Christ. Et c’est ainsi que nous sommes libérés, guéris de tout mal subi et pardonné de tout mal commis. Et c’est ainsi que s’accomplit la rémission des péchés, qui est au cœur de notre Credo. Par sa mort, chantent nos frères et sœurs Orthodoxes, il a terrassé la mort !