Paroisse Saint-Paul et Sainte-Croix

Quartiers de Celleneuve et la Paillade

Diocèse de Montpellier

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Œuvre

26 mai 2026, par Jean-Louis Cathala

1 P 1, 17-21 3ièmePâ 19/04/2026 St Tho Mpl

Ce matin, je vous relis un bout du verset 17 de notre lecture du chapitre premier de la Première Lettre de Pierre : « si vous invoquez comme Père celui qui juge impartialement chacun selon son œuvre » ; et je vous propose de relever deux expressions :

Première expression : impartialement. On peut aussi traduire : « sans acception de personne ». Notre Dieu aime tout le monde pareil  ! Il ne fait pas de différence entre tous ses enfants, quelles que soient leurs origines, leur genre, leurs préférences amoureuses, leurs convictions philosophiques et religieuses. Dans le Royaume, il n’y a pas de quotas ni personne reconduit à la frontière ! Plus encore, le Seigneur se réjouit de nos différences et il a même - ce n’est pas un paradoxe - tout en étant impartial et bon pour tous, une préférence pour celles et ceux qui sont méprisés. Selon le beau Livre du Deutéronome, YHWH est « l’impartial et l’incorruptible, qui rend justice à l’orphelin et à la veuve, et qui aime l’émigré en lui donnant du pain et un manteau » (ch. 10, v. 17 et 18) ; c’est dans cette option préférentielle pour les pauvres, celle du Seigneur lui-même, que la mission nous précède et nous attend. Attention toutefois à ne pas réduire notre théologie au « respect des différences » ! La promotion sans discernement des différences peut conduire au refus de la différence et à la déstructuration de la société, au lieu de promouvoir la communion véritable dans la différence. L’oubli de la Transcendance entraîne l’oubli de l’altérité ; et cela donne la glorification narcissique du Même et la confusion des genres ; c’est ce qu’on appelle le « wokisme » : une idéologie fourre-tout. La vague est un peu passée aux États-Unis ; elle est arrivée chez nous ; espérons que le bon sens et la foi refleuriront !

Deuxième expression : « selon son œuvre ». Ici, l’épître pose la question des « œuvres ». Vous le savez, saint Paul enseigne que le salut est un pur cadeau de la miséricorde du Seigneur. Mais ce matin, notre Première Lettre de Pierre souligne qu’il juge selon la conduite - ou l’œuvre - de chacun. Comment concilier ces affirmations ? En fait, c’est bien uniquement la grâce qui nous libère de tout ce qui nous empêche d’être libres et d’aimer ; le Dieu de l’Alliance n’est pas celui de la performance, de la concurrence ou du mérite. Cependant, la gratuité de son amour interpelle notre liberté et appelle notre responsabilité.
En ce sens, nous serons jugés d’après nos actes, jugés sur l’amour !