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Avant la fête de Pessah
17 avril 2026, par
Jn 13 Jeudi Saint 02/04/26 St Paul Mpl
(Lecture de l’Évangile puis lavement des pieds puis homélie)
Que dire sur ce que nous venons d’écouter et de regarder ?
Vous le savez : l’Évangile selon Jean évoque longuement l’eucharistie en son chapitre 6, mais il ne relate pas l’institution de l’eucharistie ;
A la place, il met en scène le lavement des pieds, texte solennel qui comporte sans doute une allusion au baptême ; geste solennel qui n’est pas, pour autant, devenu sacrement dans la tradition de l’Église. Allez savoir pourquoi ! Notons aussi que selon la chronologie de Jean, ce repas d’adieu n’est pas le repas pascal ; pourtant, il a lieu un peu avant la fête de Pessah, la Pâque ; indication qui fait sens.
De fait, dans la relecture des derniers jours de Jésus en cette année 30, les auteurs du Nouveau Testament ont saisi que la Pâque nouvelle, c’est le Christ livré par amour et vainqueur de la mort. Pour s’y préparer, il fallait que les disciples soient complètement « purs » ou « propres » - c’est le même mot en grec - y compris les pieds !
Par ailleurs, selon l’Exode, le chemin des Enfants d’Israël va de la servitude en Égypte au service de YHWH. Jésus accomplit ce chemin en plénitude : en lavant les pieds de ses amis et en mourant sur la croix, il épouse dans un esprit de service la condition d’esclave. En l’assumant jusqu’à la servitude de la mort, il fait remonter l’humanité tout entière vers la terre promise du Royaume des cieux.
D’où l’inséparable triduum pascal : Jeudi saint- Vendredi saint- nuit pascale ! Ce soir, nous célébrons déjà la Pâque ! Le lavement des pieds symbolise toute la geste pascale, mais avec une tonalité bien affirmée : à la différence de l’officiant d’un repas sacré, celui qui lave les pieds ne saurait être identifié à un maître ou un sacrificateur ; il est simplement
serviteur ! Le lavement des pieds est un anti-sacrifice rituel ; en ce geste sans potentialité cléricale, le sacerdoce et la hiérarchie sont nus. Et nous comprenons alors que le repas eucharistique, lui aussi, n’est que service ! Vous le savez : toute la vie de Jésus, avec ses paroles et ses gestes de guérison, a eu comme un goût de Pâque
dans un esprit de service et de libération. Il est mort comme il a vécu : en serviteur. A nous, aujourd’hui, de vivre en serviteurs !
Paroisse Saint-Paul et Sainte-Croix