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Sodome
1er septembre 2025, par
Gen 18, 20-32 17° 27/07/2025 St Paul MPL
Je reviens sur le dialogue entre Abraham et YHVH au chapitre 18 du Livre de la Genèse. Abraham, qui a le sens du commerce à l’orientale, intercède pour les gens de Sodome. Cette discussion
de marchands de tapis nous parle d’un Dieu qui agit directement sur le cours des choses. Dans la mentalité originelle des auteurs de la Bible, en effet, quand quelque chose arrive en bien ou en
mal, cela provient en direct du Seigneur ! En arrière-fond, nous percevons la tradition d’une catastrophe survenue dans les villes proches de la mer morte, un événement jadis compris comme une
punition. Que dire, le plus simplement possible, devant ces questions très difficiles ? Le mal horrible et le malheur qui viennent des hommes, par exemple ce qui s’est passé le 7 octobre
ou ce qui se passe à Gaza, il nous faut les dénoncer. Mais pour tous les autres malheurs, ceux qui ne viennent pas des hommes, nous ne sommes pas obligés de chercher un responsable ; notre
récit de la Genèse nous donne déjà d’entrevoir, malgré la destruction de Sodome qui suivra, que notre Dieu n’est pas injuste. Et plus tard dans les Écritures, devant la figure de l’Agneau de Dieu innocent, nous comprendrons enfin clairement que
Dieu n’est qu’amour et qu’il n’est pas capable de vouloir le mal.
Notre texte de ce matin évoque aussi pour la première fois dans la Torah la figure du « Juste », le Zadik ; le mot est répété huit fois ! Le juste, c’est celui qui vit « ajusté » à la volonté du Seigneur et qui prend des risques à cause de sa foi. Pour nous, à l’accomplissement des temps, le seul Juste qui nous rend justes, c’est le Christ Jésus (1Jean, chapitre 2, verset 2), celui qui est mort, non pour apaiser un Dieu vengeur, mais pour manifester la
miséricorde absolue dans notre histoire !
Ce dialogue, enfin, nous parle de la prière. Notre père Abraham ne se gêne pas puisqu’il porte la promesse ; il a confiance ! C’est la première fois dans la Bible que quelqu’un « se tient en face du Seigneur » (Genèse, chapitre 18, verset 22), c’est-à-dire se dresse devant lui ; c’est une prière virile, d’homme à homme ! La prière, ce n’est pas nous écraser ! Et Abraham de marchander… Notre Dieu est un ami. Avec lui, on peut discuter ; il nous écoute ; on peut tout lui dire !
Paroisse Saint-Paul et Sainte-Croix